Read Ebook: L'Illustration No. 3276 9 Décembre 1905 by Various
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Ebook has 132 lines and 13604 words, and 3 pages
C'est l? un r?sultat qu'on avait d?j? constat? en France avec la balle D, la justesse variant dans ce cas, comme la tension de la trajectoire.
A 350 m?tres, elle traverse 7 millim?tres de fer.
Dans le sable ou dans la terre, elle s'enfonce de 90 centim?tres au maximum.
Ajoutons que, la nouvelle cartouche allemande pesant de 4 ? 5 grammes de moins que la cartouche en service jusqu'? ce jour, l'approvisionnement en munitions du fantassin allemand peut ?tre augment? d'un quart , ce qui constitue un nouvel et pr?cieux avantage.
En r?sum?, l'arm?e allemande vient de faire avec la balle S un progr?s technique des plus s?rieux, progr?s qui laisse derri?re lui celui que nous avions accompli nous-m?mes. C'est l? un fait qui m?rite d'?tre appr?ci? ? sa juste valeur, surtout apr?s les ?loges dithyrambiques jadis consacr?s ? la balle D.
L. S.
On ne peut d'autre part se dispenser de signaler le fait que le ministre de la Guerre allemand, g?n?ral von Einem, ait jug? bon de porter ? la connaissance de toute l'arm?e des renseignements tr?s ?tendus concernant la nouvelle balle. Il a voulu, sans aucun doute, par cette divulgation si en dehors des usages habituels de l'arm?e allemande, rassurer les esprits en montrant toute l'?tendue du progr?s qui vient d'?tre accompli.
LA D?MONSTRATION DE MITYL?NE
Partie le 26 novembre du Pir?e, l'escadre internationale a mouill? quelques heures plus tard devant Mityl?ne. Le 28, des d?tachements des ?quipages des diverses nationalit?s, au nombre de 400 hommes en tout, d?barquaient sans rencontrer aucune autre r?sistance qu'une protestation diplomatique du gouverneur et occupaient la douane et le t?l?graphe.
On se souvient qu'en 1901 d?j?, lors de l'incident franco-turc auquel avait donn? lieu le r?glement des cr?ances Tubini-Lorando, c'est ?galement sur Mityl?ne que s'?tait dirig?e la flotte de l'amiral Caillard. C'est l'une des ?les les plus riches de l'Archipel, l'ancienne Lesbos, la patrie de la po?tesse Sapho. Elle fut fortifi?e au moyen ?ge. Mais de ses remparts il ne demeure que des d?bris. Sa capitale, Mityl?ne ou M?telin, qu'occupent les marins de l'escadre, est pittoresquement b?tie en amphith??tre, au-dessus d'un port peu s?r, ? cause de son manque de profondeur. Mais l'?le a deux autres ports, Kalloni et les Oliviers, v?ritables mers int?rieures, qui sont d'admirables abris pour les navires.
Cette action contre Mityl?ne n'a d'ailleurs pas suffi et, ult?rieurement, l'escadre a d? occuper une autre ?le, Lemnos.
LA DYNAMITE A CONSTANTINOPLE
L'attentat dirig?, le 21 juillet, contre le sultan Abdul-Hamid, a ?t?, en quelque sorte, le signal d'une recrudescence de l'agitation arm?nienne, et la commission d'enqu?te constitu?e, aussit?t, sous la pr?sidence de Nedjib Pacha Melham?, pour instruire l'affaire et rechercher les coupables, s'est trouv?e en pr?sence d'une besogne aussi compliqu?e que difficile.
DEUX DES ARM?NIENS CONDAMN?S A MORT
Elle manquait de tout indice susceptible de la mettre sur la trace des coupables. On avait pourtant ramass?, sur le lieu de l'explosion, un morceau de fer provenant d'une voiture et portant, estamp?, le num?ro 1507. Ce fut suffisant pour permettre de retrouver la ville d'origine de la voiture qui avait apport? l'engin, puis le propri?taire du v?hicule.
Ce fut enfin la clef de l'enqu?te. Mais ? peine la commission avait-elle commenc? ses travaux, peu de jours apr?s l'attentat d'Yildiz Kiosk, qu'un Arm?nien r?cemment arriv? d'Am?rique, Vartanian, tuait ? coups de revolver, comme on se le rappelle, le banquier Apik Effendi Oundjian, qui avait refus? des subsides aux r?volutionnaires. Vartanian fut arr?t?. Son revolver ?tait semblable ? celui d'un de ses compatriotes, venant ?galement d'Am?rique et inculp? dans l'affaire de la bombe Arfarian. On eut la preuve qu'ils avaient ?t? arm?s tous deux par le m?me Comit?, la preuve du complot.
Le champ des investigations se pr?cisa.
Des perquisitions faites ? Constantinople firent d?couvrir de nombreuses bombes, surtout dans le quartier europ?en. L'une, saisie au cercle d'Orient, rendez-vous du monde diplomatique, et qui, h?riss?e de pointes, pr?sentait l'aspect d'un ?norme marron, pesait 50 kilogrammes. Dans une seule maison, l'h?tel allemand Kroecker, on recueillit douze engins.
Apr?s Vartanian et Arfarian, d'autres Arm?niens furent arr?t?s. Tous ont ?t? condamn?s ? mort. On mit ?galement la main sur un Belge, Jauris, consid?r? comme complice de l'attentat contre le sultan. La l?gation de Belgique refusait de le laisser juger par les tribunaux turcs. Son proc?s vient pourtant de commencer. Mais on n'a pu se saisir de l'auteur principal de l'attentat, un Arm?nien russe connu sous le pseudonyme de Ripps.
VERTIGE MODERNE Dessin de Georges Scott.
LES F?TES DE L'ALLIANCE ANGLO-JAPONAISE A TOKIO
C'est ainsi que l'on put voir des matelots, m?me des officiers, agitant de petits drapeaux de papier, <
Les gagnants: M. et Mme Fran?ois Gelper, M. Georges Messing.
LE SECOND MILLION DE LA LOTERIE DE LA PRESSE
Les heureux gagnants du deuxi?me million de la loterie de la Presse, M. Georges Messing, ouvrier fondeur en cuivre, Mme Gelper, sa soeur, blanchisseuse, et M. Gelper, son beau-fr?re, ouvrier peintre, habitaient, en un faubourg de Lille et dans la plus ?troite des ruelles, la plus petite des maisons. C'?taient de pauvres gens, mais de vraiment braves gens, tr?s travailleurs et tr?s ?conomes, dont le premier souci, ? la nouvelle de leur fortune inesp?r?e, fut d'en affecter une large partie ? leurs parents moins favoris?s du sort, si bien que ce second million, loin de ne profiter qu'? un seul, va faire le bonheur d'une famille nombreuse: il ne pouvait mieux tomber!
C'est M. Georges Messing et sa soeur Mme Gelper qui avaient pris, en pr?levant peu ? peu, chacun dix francs, sur leurs maigres gains journaliers, ce billet n? 9606 de la 36e s?rie, qui devait leur rapporter une si consid?rable fortune. Ils comptent vivre tr?s tranquillement ? Lille, dans leur m?me quartier; leur plus grand bonheur est de ne plus ?tre assujettis aux al?as de m?tiers p?nibles, et leur plus grand plaisir de faire le bien autour d'eux.
LA MAISON DE M. THIERS
Mlle Dosne, devenue h?riti?re des biens de M. Thiers, il y a une vingtaine d'ann?es, apr?s la mort de sa soeur, veuve de l'illustre homme d'?tat, vient de faire don ? l'Institut de France de l'h?tel qu'habitait ? Paris, lorsqu'il eut quitt? le pouvoir, l'ancien pr?sident de la R?publique.
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Et l'acte de vandalisme s'accomplit, en effet, sans d?lai. Mais, d?s le 27 mai, la Commune vaincue, l'Assembl?e nationale, sur un rapport de M. Wallon, votait ? l'unanimit? la r??dification, aux frais de la nation, de la maison d?molie.
LA VENTE DE LA COLLECTION CRONIER
Les tableaux, objets d'art, meubles, tapisseries, que M. Cronier avait r?unis dans son h?tel de la rue de Lisbonne, ont ?t? dispers?s cette semaine au vont des ench?res, en deux vacations, dirig?es par M. Lair-Dubreuil, commissaire-priseur.
Nous avons reproduit, le 11 novembre, quelques-unes des pi?ces marquantes de la collection: les prix qu'elles ont obtenus vont montrer que nos choix avaient ?t? judicieux.
En tout, les deux vacations ont produit 5.198.031 francs!
LIVRES NOUVEAUX
DOCUMENTS et INFORMATIONS
LES EFFETS D'UNE TROMBE.
Le 4 juillet dernier, une trombe a ravag? les environs de Cravant, pr?s de Beaugency. M. Maillard vient de signaler quelques-uns des curieux effets de ce ph?nom?ne atmosph?rique, qui s'est accompagn? d'une d?pression barom?trique tr?s forte au centre du tourbillon. Dans une cuisine, le carrelage s'est soulev? en dos d'?ne. Ailleurs, dans un grenier, une balance-bascule de 50 kilos de poids a ?t? jet?e ? un m?tre de distance. Une petite pi?ce, dans le haut d'une habitation, a litt?ralement ?clat? comme le fait une vessie pleine d'air sous la cloche pneumatique: ses cloisons se sont crev?es et bris?es, la pression ? l'int?rieur ?tant plus forte qu'au dehors. Ailleurs, en vertu du m?me principe, des vitres de chambres closes se sont bris?es de dedans en dehors. On a remarqu? un fait qui, ? premi?re vue, semble ?tonnant, mais qui, si l'on y r?fl?chit, est tr?s naturel: c'est que les toitures les plus solides ont ?t? les plus ?prouv?es. Les toitures form?es d'ardoises ou de tuiles reposant sur des lattes n'ont pas souffert appr?ciablement: en effet, les ardoises ou tuiles, en se soulevant l?g?rement, aspir?es par la d?pression ext?rieure, ou plut?t soulev?es par la pression int?rieure, ont permis ? la pression int?rieure de se mettre en ?quilibre avec l'ext?rieure; les toitures neuves, solides, totalement appuy?es et n'ayant pas de jeu, ont ?t? enlev?es tout d'une pi?ce, au contraire. C'est qu'elles manquaient de jeu, c'est qu'elles mettaient obstacle ? l'?tablissement de l'?quilibre: elles ont ?clat? comme les murs ou les vitres cit?s plus haut, et ont ?t? enlev?es. Dans les champs on a observ? aussi de singuliers effets. Un champ d'avoine a ?t? totalement priv? de son grain. Les tiges sont rest?es en place, amarr?es par les racines; mais les grains, moins solidement attach?s aux tiges, ont ?t? enlev?s, comme si un peigne y avait pass?. Cet effet de happage est d? ? un violent courant d'air ascendant.
LE SOUFRE DE LA LOUISIANE.
Il y a une vingtaine d'ann?es, des sondages effectu?s en Louisiane, pr?s du lac Charles, dans l'espoir de d?couvrir du p?trole, r?v?l?rent un gisement de soufre d'environ 35 m?tres d'?paisseur ? 140 m?tres de la surface du sol. Pour l'atteindre, il fallait traverser une nappe aquif?re et des sables boulants; quatre compagnies essay?rent successivement de vaincre ces difficult?s et se ruin?rent.
En 1891, M. Frasch imagina un proc?d? aussi bizarre qu'audacieux. On fore jusqu'? la partie inf?rieure du gisement un trou qu'on munit d'un tubage de 254 millim?tres de diam?tre s'arr?tant ? la partie sup?rieure du gisement. Dans ce premier tube on en place trois autres qui descendent presque au fond du trou de sonde et pr?sentent des diam?tres respectifs de 152, 76 et 25 millim?tres. Les intervalles entre ces quatre tubes forment donc trois <
Par la couronne ext?rieure on lance de l'eau sous pression suffisante pour atteindre la temp?rature de 330? centigrades: le soufre, fusible ? 110?, monte dans la couronne interm?diaire par suite de la pression de l'eau. On envoie de l'air comprim? par le petit tube central, et le soufre liquide, se m?langeant de bulles d'air, est refoul? dans la couronne centrale, formant une colonne de densit? inf?rieure ? celle du soufre liquide et de l'eau, ce qui lui permet d'arriver ? l'air libre. Le soufre sort ainsi du sol, tout raffin?, avec un degr? de puret? de 99,6%.
La richesse du gisement actuellement reconnu est ?valu?e ? 40 millions de tonnes.
La production de la mine, qui ?tait de 100 tonnes par jour en 1902, atteint aujourd'hui environ 1.000 tonnes, soit 350.000 tonnes par an. M. Frasch vient de perfectionner une installation qui lui permettrait, affirme-t-il, de produire 3.000 tonnes par jour. La consommation mondiale du soufre se chiffre par 500.000 tonnes, dont la presque totalit? ?tait jusqu'ici produite par la Sicile . Les ?tats-Unis en absorbent 150.000 tonnes. Par suite d'une entente r?cente entre les compagnies int?ress?es, le soufre de la Louisiane ne sera export? que dans quelques r?gions d?termin?es d'Europe.
UN PR?SENT DE M. LOUBET ? LA REINE DE PORTUGAL.
TRAINS DE BOIS SUR LE PACIFIQUE.
On se rappelle peut-?tre que des sp?culateurs am?ricains avaient imagin? de recourir au flottage pour le transport des bois ? travers les oc?ans. Ils avaient calcul? qu'en formant des radeaux repr?sentant la charge de vingt grands navires, il suffirait qu'un seul sur trois arriv?t ? destination pour rendre le proc?d? ?conomique. Le premier essai r?ussit exactement dans cette proportion; mais, contrairement aux pr?visions, les bois des radeaux disloqu?s, au lieu d'?tre port?s par le Gulf-Stream vers les rivages antarctiques, arriv?rent dans les parages des A?ores. Durant plusieurs mois, les navigateurs y furent expos?s ? se heurter ? d'innombrables troncs mesurant de 75 centim?tres ? 2 m?tres de diam?tre, et de 9 m?tres ? 27 m?tres de longueur. Ce mode de transport, ? peu pr?s abandonn? sur la c?te orientale des ?tats-Unis, est devenu assez usit? entre le Canada et San-Francisco, la proximit? continuelle l'ass?chement et la p?che du lac d'Enghien de la c?te en att?nuant les risques pour les exploiteurs... et pour les autres.
Un industriel, plus audacieux que tous ses devanciers, fait construire en ce moment un radeau monstre que quatorze remorqueurs tra?neront sur le Pacifique, des rives canadiennes aux c?tes chinoises. Si ce <
L'?PAISSEUR DE LA GLACE EN SIB?RIE.
On savait, d'apr?s les observations de Middendorf, que l'?paisseur de la nappe de glace des lacs sib?riens varie ordinairement entre lm,50 et lm,80, sans d?passer jamais 2m,40. Le professeur Velikov vient de communiquer le r?sultat d'?tudes faites, au m?me point de vue, sur les eaux courantes de la Russie d'Asie. Sur l'Ienisse?, l'?paisseur de glace oscille entre 70 et 90 centim?tres; ? l'extr?mit? septentrionale de la Sib?rie, vers Bouloum et Rourskoy?-Ousti?, elle atteint 2 m?tres et 2m,35. On cote seulement lm,80 sur la Yassa, ? Verkhoyansk; ce point, situ? sous 67? 30' de latitude, est pourtant voisin du p?le froid de l'ancien monde, et la temp?rature moyenne des trois mois d'hiver y varie de -44? ? -48?, s'abaissant parfois ? -67?.
Enfin, en Transba?kalie, aux latitudes de Londres et de Hambourg on trouve d'un m?tre ? 2m,35 de glace; l'?paisseur cro?t tr?s vite dans le haut bassin de l'Amour quand la neige fait d?faut. Pour emp?cher la cong?lation compl?te des rivi?res peu profondes et sauver la vie des poissons, les habitants du pays couvrent alors la glace de branches de pin qui d?terminent la formation de monceaux de neige mettant la couche de glace ? l'abri de la temp?rature ext?rieure.
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