Read Ebook: L'Illustration No. 3271 4 Novembre 1905 by Various
Font size:
Background color:
Text color:
Add to tbrJar First Page Next Page
Ebook has 120 lines and 12357 words, and 3 pages
LE VOYAGE DU PR?SIDENT DE LA R?PUBLIQUE EN PORTUGAL.--Devant le photographe, ? Cintra.
LE SALON D'AUTOMNE
M. Rouault... ?me de r?veur catholique et misogyne. LOUIS VAUXCELLES, Gil Blas.
COMMENT ON PR?PARE UNE R?VOLUTION: L'?DUCATION DU PEUPLE RUSSE PAR LES ?TUDIANTS
D'apr?s un tableau de Bogdanof-Bielski.
Le manifeste sign?, le 17/30 octobre, ? P?terhof, par le tsar, octroie ? la Russie les libert?s essentielles auxquelles elle aspirait depuis si longtemps. C'est dans l'histoire du peuple russe une date autrement d?cisive que celle du 19 ao?t, o? lui avait ?t? donn? l'oukase instituant la douma d'empire. L'acte lib?ral de l'empereur Nicolas II ne peut manquer d'ailleurs d'?tre revendiqu? comme une victoire par cette partie de l'?lite cultiv?e de la nation qui, apr?s des ann?es de patient travail, a r?ussi ? provoquer, dans l'immense empire, l'agitation profonde qui a pris, en ces derniers jours, un caract?re singuli?rement inqui?tant. C'est, en effet, la jeunesse studieuse de la Russie, ce sont ses ma?tres et, avec eux, aupr?s d'eux, les ?crivains, les artistes, tous les <
DES TUILERIES AUX KARPATHES
En bas, c'est la temp?te, le vent qui souffle avec un fracas abominable ? travers les bois et les chemins; en haut, dans le fr?le panier d'osier, le calme absolu, la sensation de s?curit? parfaite.
Notre nacelle est ?quip?e pour la course: de 7 ou 8 kilos plus l?g?re que les nacelles ordinaires, elle est aussi beaucoup plus petite, en sorte que les sacs de lest la remplissent; elle est pleine plus qu'? moiti?; nos genoux sont ? la hauteur des bords du panier.
D?s le d?part, nous nous assurons notre direction: ? 300 m?tres d'altitude, nous traversons en tourbillon la place Vend?me; nous laissons franchement le Sacr?-Coeur au nord: nous filons donc vers l'est.
Je consulte mon compagnon de voyage; comme moi, le comte Rozan est d?cid? ? gagner la course, ou du moins ? faire l'impossible pour cela: il s'agit d'aller vite et longtemps: en haut, le vent est plus violent, nous allons monter. Tant pis si notre direction change, puisque la seule mer que nous puissions rencontrer sur notre route est la Baltique, et que nous sommes d?cid?s, quoi qu'il arrive, ? nous aventurer au-dessus d'elle.
A 2.700 m?tres, nous trouvons notre ?quilibre entre deux couches de nuages; nous nous maintenons ? cette altitude sous une temp?te de glace et de neige; notre nacelle et notre ballon sont litt?ralement incrust?s de givre et notre thermom?tre s'abaisse parfois ? 14 et 15 degr?s centigrades au-dessous de z?ro.
ENTRE 10 HEURES ET 11 HEURES DU MATIN, A BORD DU BALLON <
Vers minuit, le vent redouble de violence, les nuages se d?chirent au-dessus et au-dessous de nous; nous apercevons en m?me temps les lumi?res ? terre et l'?toile polaire dans le ciel, ce qui nous permet, par une observation rapide, de constater que notre direction se maintient vers l'est; ? partir de minuit, le ciel s'?claire, la terre dispara?t de nouveau sous une couche de nuages tr?s ?paisse, et nous naviguons baign?s par un clair de lune splendide, tandis que l'ombre du ballon se profile sur les brumes, entour?e d'un cercle brillant, bien connu des navigateurs a?riens sous le nom d' <
A 5 heures le jour para?t, tandis que la lune s'abaisse ? l'horizon; la lumi?re ne nous a donc pas manqu? un seul instant, et c'est ? peine si, durant cette seconde partie de la nuit, je me sers de temps en temps de ma lampe ?lectrique.
A 6 heures, je prends contact avec le sol; l?, le vent souffle ? peine ? 25 kilom?tres ? l'heure; une rapide conversation avec des paysans dont nous ne saisissons que le mot <
A 9 h. 1/2, les bouteilles, les provisions passent par-dessus le bord; ? 10 h. 1/4, c'est le tour des sacs de voyage; depuis longtemps d?j? nos objets de toilette, nos chaussures et nos v?tements de rechange avaient pris le m?me chemin: notre nacelle est absolument vide.
Le froid est abominable; nous sommes tr?s fatigu?s par ce long s?jour dans les hautes r?gions de l'atmosph?re; Rozan est compl?tement vert, ce qui ne l'emp?che pas de me proposer froidement de grimper dans notre cercle, et d'envoyer notre nacelle rejoindre nos provisions. Mais j'ai ? peine la force de soulever mon dernier sac de lest, et ? 10 h. 1/2 commence ? 5.200 m?tres une descente foudroyante et vertigineuse.
A 20 m?tres de terre, le ballon passe au-dessus d'un petit bois; j'ouvre mon ballon en deux: la corde de d?chirure fonctionne parfaitement, et, comme un grand oiseau bless?, il s'ab?me sur un arbre, presque sans choc, sans secousse, la nacelle d'un c?t?, l'?toffe de l'autre. Suivant l'usage, je quitte la nacelle le dernier, et Rozan me photographie tout tranquillement, tandis qu'? bout de forces, je descends p?niblement de mon arbre, le long du seul bout de filin qui nous reste.
Nous sommes ? Kirchdrauf , ? 1.400 kilom?tres de Paris, ayant effectu? l'un des trois plus longs voyages a?riens du monde entier.
Le Grand Prix de l'A?ro-Club de France est ? nous.
JACQUES-FAURE.
PENDANT LA GR?VE DES TYPOGRAPHES A MOSCOU
LA RUSSIE SANS JOURNAUX Les typographes, les imprimeurs, tous les travailleurs qui concourent ? la confection mat?rielle des journaux ont ?t? des premiers ? entrer dans les vues des meneurs de la r?volution russe qui poussaient ? la gr?ve g?n?rale comme au s?r moyen d'obtenir les r?formes politiques demand?es. Quelques-uns ont bien cherch? ? r?sister ? ce mouvement, ont voulu continuer le travail, sous la pro-tection de la gendarmerie ou des cosaques. C'est ainsi que certaines imprimeries de Moscou, celles des Novosti Dnia et du Rouski Listok, par exemple, ont continu? ? fonction-ner pendant quelques jours sous la protection de la force arm?e. Mais la plupart des grandes villes de l'empire, ? commencer par Saint-P?tersbourg, sont actuellement sans journaux, sans nouvelles, s?par?es du reste dumonde, isol?es m?me l'une de l'autre.
LE GENERAL DRAGOMIROF
<
Sa popularit? en Russie ?tait consid?rable. Sa renom-m?e avait franchi toutes les fronti?res. Chez nous, dont il avait suivi les arm?es pendant toute la campagne d'Italie, et o? il ?tait revenu souvent, prenant part avec un int?r?t passionn? aux manoeuvres, se complai-sant ? vivre parmi nos soldats, il ?tait fort connu et on l'aimait beaucoup.
Ses th?ories sur l'?ducation du troupier, qui voulaient que l'officier e?t avant tout pour objectif de former le moral du soldat, ?taient d'abord trop conformes ? nos id?es humanitaires pour ne pas lui avoir conquis, en France, de chauds admirateurs. En fait, d'ailleurs, elles semblaient mieux con?ues pour s'appliquer au soldat fran?ais, d?grossi, d?lur?, qu'au malheureux moujik illettr?.
Aussi bien, ces th?ories s?duisantes, Dragomirof eut peu l'occasion d'en v?rifier sur les champs de bataille l'excellence. Cette occasion pourtant, la guerre de 1877 sembla devoir la lui fournir. A la t?te de la 14e division, qu'il commandait, ? Kichinef, depuis plusieurs ann?es, il dirigea brillamment le passage du Danube, pour marcher ensuite vers Chipka. Mais une balle, qui le blessa au genou gauche, l'immobilisa pour la dur?e de la campagne.
Il demeura donc un th?oricien, un ?ducateur, un pro-fesseur d'?nergie militaire fort convaincant.
Au commencement de la guerre russo-japonaise, il avait tenu ? aller dire adieu aux troupes du gouverne-ment de Kiev partant pour la Mandchourie. Et il avait saisi ce pr?texte pour leur r?p?ter en guise de supr?me recommandation, leur paraphraser l'un de ses adages favoris: <
H?las! contre les canons d'aujourd'hui, une <
LE GENERAL O'CONNOR
Le g?n?ral de division O'Connor, commandeur de la L?gion d'honneur, qui vient de mourir ? la maison de sant? des fr?res Saint-Jean de Dieu, o? il suivait un trai-tement, apr?s une grave op?ration, ?tait n? ? Paris en 1847. Sorti de Saint-Cyr en 1868, il appartenait ? l'arme de la cavalerie. Capitaine en 1876, il passa par l'Ecole sup?rieure de guerre et fut promu chef d'escadron en 1883, lieutenant-colonel en 1887, colonel en 1891, g?n?ral de brigade en 1896 et divisionnaire en 1902. Il avait pris part aux exp?ditions de Tunisie et du Tonkin; mais c'est surtout ? la t?te de la division d'Oran qu'il devait se signaler comme organisateur de la plupart des postes de notre fronti?re marocaine. Un d?saccord avec le gouver-nement sur les mesures ? prendre dans le Sud-Oranais motiva son d?placement; ? la fin de 1903, il ?tait appel? au commandement de la 8e division d'infanterie au Mans, mis bient?t en disponibilit?, puis nomm? membre du Comit? technique de l'artillerie et de la commission mixte des travaux publics.
UNE NOUVELLE STATUE DE MOLTKE
Il n'est gu?re de ville allemande se respectant un peu qui n'ait sa statue de Moltke, voisinant avec celle de Bis-marck. Berlin poss?dait seulement, sur la place Royale, l'effigie du chancelier de fer, face ? la colonne de la Vic-toire. La place r?serv?e, en pendant, au feld-mar?chal demeurait vide, le sculpteur Joseph Uphues, charg? de la meubler, se consumant, depuis des ann?es, en efforts, pour mettre au monde un chef-d'oeuvre.
Il ne para?t gu?re qu'il y ait r?ussi. Il a camp? son Moltke debout, appuy? ? une sorte de colonnade qui n'a pour excuse d'?tre dorique que l'ambition pu?rile du statuaire d'avoir voulu la a raccorder>>, comme disent les architectes, avec quelques vilaines b?tisses de Berlin, qui sont du m?me ordre. Ce si?ge bizarre est d'ailleurs ridi-cule de disproportion avec la figure. Mais il v a dans l'at-titude que le professeur Uphues a donn?e au vieux stra-t?ge, les mains crois?es, le regard droit, une impression de tranquille confiance qui n'est pas sans caract?re.
Le monument entier est en marbre. Ce serait, para?t-il, le plus gros bloc de marbre qu'on ait jamais taill?--au moins dans les temps modernes.--Mais cette statue a attir? encore l'attention sur elle d'une autre fa?on: c'est ? l'oc-casion de son inauguration, le 26 octobre, que le kaiser a prononc?, verre en main, les paroles belliqueuses qu'on a fort comment?es ces jours derniers.
LE JIU-JITSU
ENCORE UNE VICTOIRE DES JAPONAIS
La mode actuelle est incontestablement aux Japonais et, depuis les succ?s inattendus que ce petit peuple a remport?s en Extr?me-Orient, tout ce qui le concerne a le don d'exciter notre int?r?t. C'est ainsi que, dans les milieux sportifs, on discutait tout r?cemment, non sans quelque vivacit?, la question br?lante du jiu-jitsu. Le jiu-jitsu est-il un simple bluff, comme le pr?tendaient jadis la plupart des gens comp?tents? Est-ce, au contraire, le syst?me id?al de d?fense individuelle, ainsi que le proclament les rares initi?s de cet art nouveau? Le d?bat, qui ?tait jusqu'? ce jour rest? ind?cis, vient enfin d'?tre tranch?. C'est du moins ce qui semble r?sulter du match disput? ? Courbevoie, le jeudi 23 octobre, par le professeur Re-Ni?, instructeur de jiu-jitsu ? l'?cole de la rue de Ponthieu, et le ma?tre Dubois, repr?sentant des sports de d?fense fran?ais, qui avait lanc? un d?fi ? Re-Ni?.
Le ma?tre Dubois, qui fut jadis un sculpteur non sans talent, est ? la fois un escrimeur dangereux, un boxeur redoutable, un faiseur de poids et d'halt?res de premier ordre: c'est, en un mot, le v?ritable type de l'athl?te. Sa taille est de lm,68; son poids de 75 kilos. Il est n? en 1865.
Re-Ni?, qui a juste trente-six ans, mesure lm,65 et p?se 63 kilos. Il a appris le jiu-jitsu ? Londres sous les ma?tres japonais Miyak? et Kanaya. Bien que robuste, il est notablement moins vigoureux que son adversaire.
Le combat, o? tous les coups ?taient permis, ne devait cesser que quand l'un des antagonistes se reconna?trait vaincu. Il a ?t? tr?s rapidement termin? par la victoire du jiu-jitsuan. En voici du reste le compte rendu sommaire:
Au commandement: Allez, les deux adversaires se portent rapidement l'un vers l'autre, s'arr?tent ? environ 2 m?tres et s'observent trois ou quatre secondes. Sur une feinte de Re-Ni?, Dubois esquisse du droit un coup de pied bas que Re-Ni? esquive. Dubois porte alors, du m?me c?t?, un coup de pied de flanc; mais au m?me instant, avec un ?-propos extraordinaire, Re-Ni? rentre d'un v?ritable bond de chat et saisit Dubois ? bras-le-corps. Dubois essaye un tour de hanche: Re-Ni?, que ce mouvement a plac? ? droite de son adversaire, appuie la main droite sur l'abdomen de ce dernier, en m?me temps qu'il lui comprime les muscles lombaires avec la main gauche et lui envoie un coup de genou sous la cuisse droite. Dubois bascule et tombe sur les omoplates comme une masse; il porte n?anmoins ? Re-Ni?, rest? dessus, une prise de gorge qui permet ? ce dernier de lui cueillir le poignet droit. Re-Ni? se renverse imm?diatement sur le dos, ? la gauche de Dubois, lui passe la jambe gauche en travers de la gorge, en lui maintenant avec ses deux mains le bras sur son abdomen, le coude en dessous, le bras passant entre ses deux jambes . Une vigoureuse pression, exerc?e sur le poignet de Dubois, menace de lui d?sarticuler au coude le bras qui se trouve en porte-?-faux. Dubois r?siste pendant une seconde, puis demande gr?ce.
C'est la position des combattants ? cet instant pr?cis que repr?sente la photographie ci-dessous.
Le combat avait juste dur? 26 secondes, dont 6 secondes seulement pour l'engagement proprement dit.
Les choses se sont pass?es exactement comme elles se seraient pass?es dans une rencontre non pr?m?dit?e. Les deux adversaires ?taient en tenue de ville, avec chaussures ordinaires; Georges Dubois avait m?me conserv? son chapeau et ses gants. Le sol, recouvert de gravier, ?tait seulement un peu moins dur que ne l'aurait ?t? le macadam ou l'asphalte. Enfin le match a ?t? disput? en plein air, sur la terrasse du nouveau b?timent des ?tablissements de carrosserie V?drine.
Le r?sultat a ?t? d'une nettet? parfaite. Le repr?sentant de la m?thode fran?aise n'a pas exist? devant le repr?sentant du jiu-jitsu.
On pense bien qu'un ?v?nement de ce genre n'a pas ?t? accueilli sans protestation de la part des adeptes de la boxe fran?aise ou anglaise. A les entendre, apr?s coup, le ma?tre Dubois n'?tait pas qualifi? pour repr?senter les sports de d?fense, qu'il a pr?cis?ment pour m?tier d'enseigner. Nous ne chercherons pas ? discuter cette mani?re de voir; nous nous contenterons de dire que le jiu-jitsu, d?j? officiellement pratiqu? par les ?l?ves de West-Point , les policemen de New-York et de Londres, etc., va, sur l'initiative de M. L?pine, ?tre enseign? ? partir de la semaine prochaine aux inspecteurs de la S?ret? et aux agents de la brigade des recherches. La d?faite ultra-rapide d'un athl?te tr?s vigoureux et tr?s exerc? par un homme dont les moyens physiques ?taient visiblement tr?s inf?rieurs aux siens, et qui est en outre bien plus un instructeur qu'un combattant, a montr? au pr?fet de police tout l'int?r?t que pr?sente le jiu-jitsu comme moyen de d?fense.
On a prononc?, ? propos de la rencontre de Courbevoie et du jiu-jitsu en g?n?ral, le mot de sport de voyou. Ce terme, d?j? excessif dans la bouche de ceux qui condamnent la boxe anglaise comme trop brutale, pr?te quelque peu ? rire quand il est prononc? par les adeptes convaincus de la boxe anglaise ou fran?aise. Croit-on qu'il soit beaucoup plus ?l?gant d'?craser d'un coup de poing le nez de son adversaire que de le forcer par une adroite torsion de bras ? demander merci? Rien n'est moins certain. Nous partagerions m?me volontiers l'opinion des deux officiers sup?rieurs d'artillerie qui viennent de publier chez Berger-Levrault une traduction du livre de M. Irving Hancock sur le jiu-jitsu et qui consid?rent ce sport comme un art extr?mement int?ressant, une <
Add to tbrJar First Page Next Page
