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Read Ebook: L'Illustration No. 3268 14 Octobre 1905 by Various

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Ebook has 154 lines and 14300 words, and 4 pages

Bien qu'ils aient le ventre ?lastique, capable de se serrer de plusieurs crans, les ?tudiants japonais trouvent parfois ces proc?d?s exorbitants et le manifestent en d?molissant la cuisine et en brisant tous les ustensiles de leur traiteur.

Quelques-uns pr?f?rent louer une chambre en ville, dans une maison priv?e, et faire leur popote aux heures de loisir. Ceux qui ont go?t? cette vie en ont gard? un souvenir ?mu. Entre deux le?ons, oh! le plaisir d'?plucher ses l?gumes, d'allumer le r?chaud avec l'?ventail, d'aspirer le fumet des sauces que l'on ne doit qu'? soi-m?me!

Mais, comme ceci est une grosse perte de temps et devient trop bourgeois d'allure, on vient d'inventer les gargotes ? 3 sen. Quoi que l'on consomme, debout ou assis, un oeuf ou une pomme de terre, un bol de riz ou un bifteck, le prix invariable de 3 sen est exig?.

Travailleur, le Japonais l'est par ambition. Il ?tudie moins pour savoir que pour arriver. Aussi les jeunes gens ais?s sont-ils g?n?ralement les plus paresseux. D'aucuns, ? qui leurs parents aveugles ne refusent rien, font comme chez nous et dissipent le prix de leur pension au yoshiwara, dans les sports ou en boissons. Ce sont eux et non pas les ?tudiants pauvres qui vont p?riodiquement engager leurs habits et leurs livres chez l'usurier du coin , puis les racheter avec perte. Cette industrie est une des plus fructueuses et des plus caract?ristiques du quartier des ?coles.

Un de mes vieux amis, longtemps professeur au Japon, pr?tend que l'?tudiant japonais fait les d?lices de son professeur, non seulement par l'application, mais par l'intelligence, la docilit? et la d?f?rence. Sur ce dernier point, je suis oblig? de dire que les Japonais eux-m?mes ne sont pas de son avis. Il arrive assez souvent que toute une classe prenne un professeur en grippe. Si les ?l?ves ont jur? de le faire partir, l'?cole enti?re se solidarise avec les r?volt?s; apr?s les menaces directes, on fait gr?ve et l'on passe aux voies de fait. Presque toujours les ?l?ves ont le dernier mot.

Bons camarades entre eux, m?me lorsqu'ils appartiennent ? des ?coles diff?rentes, on voit ces jeunes gens prendre part aux m?mes sports sans jalousie ni rivalit? haineuse. Le tennis et l'aviron, le football et le trap?ze, sont de plus en plus entr?s dans les moeurs. La tournure des petits ?tudiants y a gagn?, comme leur sant? physique, et il m'a paru que les jeunes gens actuels ?taient plus robustes que ceux que j'ai connus il y a quinze ou vingt ans. Il ne me reste plus qu'? souhaiter ? Tokio de devenir le centre de toutes les lumi?res, le foyer intellectuel o? l'Asie, l'Europe et l'Am?rique viendront s'approvisionner dans un prochain avenir, puisque c'est le r?ve ambitieux que l'on fait pour le Japon moderne!

J.-C. BALET.

DU STROMBOLI AU V?SUVE

La terrible ?motion qu'ont produite, dans l'Italie enti?re, les r?cents tremblements de terre des Calabres commence ? peine ? se calmer. L'impr?vu de telles catastrophes, le myst?re qui entoure leurs causes, sont bien faits d'ailleurs pour accro?tre et prolonger l'inqui?tude. Aussi, et quel que doive ?tre, en fin de compte, le r?sultat de cette initiative, le gouvernement italien a-t-il ?t? heureusement inspir? en constituant une commission scientifique charg?e d'?tudier les effets du ph?nom?ne et d'essayer d'en ?tablir l'origine.

Comme, avec le tremblement de terre, a co?ncid? une recrudescence d'activit? des deux volcans entre lesquels s'?tend la plaine si souvent ravag?e par les convulsions sismiques, le Stromboli et le V?suve, les ?tudes de la commission vont n?cessairement s'?tendre ? ces volcans.

Pr?c?dant les g?ologues et les topographes officiels, j'ai fait, l'appareil photographique en mains, une visite aux deux inqui?tantes montagnes.

L'excursion au Stromboli n'a rien d'engageant. Elle est malais?e, et, n'?tait l'effet saisissant que produit la pr?sence de la riante ville de Stromboli au pied de cette montagne ?pre, on serait d??u. C'est un voyage que j'ai fait une fois et que je n'esp?re pas recommencer.

Le V?suve, au contraire, ?tait pour moi une vieille, tr?s vieille connaissance. N'ai-je point m?me, un jour--il y a deux ans de cela--failli trouver la mort au bord de son crat?re, pour avoir voulu le photographier de trop pr?s? Il est actuellement, au surplus, d'acc?s assez facile ? quiconque ne tient pas ? s'aventurer dans la zone dangereuse, et de Naples, en une heure ? peine, chemins de fer et funiculaire transportent les touristes ? la <>! Mais les vrais curieux ne s'arr?tent pas en si beau chemin et attaquent gaillardement les pentes sablonneuses et roides qui se dressent encore au-dessus d'eux et les conduiront jusqu'au sommet du c?ne. Le spectacle qu'ils trouvent l?-haut vaut bien la peine qu'ils se sont donn?e pour y parvenir.

Me voici presque au bord du crat?re--ou mieux, des crat?res, car il y en a cinq, l'un touchant l'autre--pr?s d'un ab?me d'o? montent continuellement des vapeurs blanches qu'?chevelle la brise d'automne.

Tout ? coup, au fond du gouffre, on per?oit des bruits stridents, de d?chirants sifflements, qui montent, grandissent, ?clatent en un bruit d'enfer. On dirait qu'une arm?e de locomotives, leurs soupapes grandes ouvertes, se d?chargent, se vident... Puis une d?tonation sourde, qui ?branle le sol sous mes pieds: un nuage de fum?e noire, en forme de champignon ou de parasol, le fameux <> tant de fois d?crit, monte, se d?veloppe dans les airs, crev? en tous sens par des bombes de lave qui ?clatent, des pierres qui retombent en pluie au loin. Et le vent aigre tord, d?roule, souffle en tous sens cette nue sinistre qui s'?vanouit bient?t dans l'azur frais du ciel.

Comme je vais redescendre, j'avise le plus ancien des guides:

--Pensez-vous que la montagne doive nous offrir de nouveau un de ses spectacles?

Ce <> l?-haut, entre deux bombes... Il ?tait temps, d?cid?ment, de retourner.

CHARLES AB?NIACAR.

UNE CAMPAGNE DE CHASSE ET DE P?CHE EN AUTOMOBILE

Elle va exciter l'envie de nos sportsmen et ouvrir la porte ? tous leurs r?ves, cette campagne de chasse et de p?che que viennent de faire, ? travers l'?tat du Maine et le Canada, cinq chauffeurs am?ricains: MM. Ezra H. Eitch, Augustus Post, A. T. Edmunson, R. H. Johnston et N. Lazarnick.

Ils partaient, ? la fin d'ao?t, de Portland, au sud de l'?tat du Maine, sur l'Atlantique, en trois automobiles, et remontaient vers le nord. Comme ils comptaient courir quelque peu les bois, ? la poursuite du gibier, loin, souvent, de toute h?tellerie et m?me de toute ferme, chaumi?re ou hutte, et que, d'ailleurs, en tout ?tat de cause, ils voulaient pouvoir se tirer d'affaire avec leurs propres ressources, ils emportaient tout un mat?riel de campement perfectionn?: quatre tentes de soie, l?g?res et peu encombrantes, une cuisine compl?te en aluminium, des malles-couchettes avec des matelas ? air et tout un lot de provisions, viandes concentr?es, conserves, etc. Ils s'?taient munis de solides haches, d'une pelle, d'une pioche, dont ils pouvaient avoir besoin pour se frayer la route, en certains cas; de leviers et de palans, en pr?vision d'accidents ou de pannes. Et, bien entendu, ils n'avaient eu garde d'oublier l'arsenal de lignes, de fusils, de carabines, indispensable aux p?cheurs et chasseurs qu'ils ?taient avant tout.

Ils suivirent d'abord la ligne du Maine Central jusqu'? une ville nomm?e Mattawamkeag; l?, ils abandonn?rent la voie ferr?e et piqu?rent droit au nord, vers Patten. En approchant de cette ville, ils eurent une sensation un peu forte: devant eux, les s?parant de l'?tape, une for?t br?lait. Ils s'y lanc?rent ? toute vitesse et purent, sans dommage, atteindre Patten. Mais ils n'y ?taient gu?re en s?ret?: une saute de vent pouvait rabattre les flammes vers la ville et l'incendier. Les habitants ?taient debout, anxieux, se demandant s'il fallait fuir. Pour nos excursionnistes, ils veill?rent aussi, guettant l'?v?nement, moins inquiets toutefois, et pr?ts, ? la premi?re alerte, ? sauter sur leurs machines et ? filer. Au-dessus de Patten, la route se divisait en deux branches. On leur dit que les quatre ou cinq automobiles qui ?taient d?j? venues jusque-l? avaient toujours pris la route de l'est. Cela les d?cida ? suivre l'autre, qui remontait vers le nord. Ils s'?lanc?rent dans l'inconnu, sur un chemin qu'aucune machine encore n'avait sillonn?, et entr?rent au Canada.

Sous bois, le passage de leurs autos faisait se lever et fuir du gibier qu'ils pouvaient parfois tirer en marche. Et leurs chasses furent des plus fructueuses. Leur plus beau coup de fusil descendit un caribou,--un caribou, ? Ren?--un renne superbe qui fut prestement charg? sur l'une des machines.

Enfin ils arriv?rent ? un village dont les habitants parlaient une langue d'eux cinq inconnue: un pur fran?ais du dix-septi?me si?cle. L?, une personne entendant quelques mots seulement d'anglais ?tait une raret?. Ils suppos?rent qu'il en devait ?tre ainsi dans toute la contr?e, occup?e par de purs Canadiens fran?ais. Ils appr?hend?rent de poursuivre plus loin leur voyage dans ces conditions, ce qui tendrait ? prouver qu'ils ?taient moins certains de pouvoir se passer de tout concours ?tranger qu'ils ne le voulaient bien dire. Ils avaient travers? cr?nement la for?t enflamm?e de Patten. Ils redout?rent de s'aventurer en pays franc. <>

Et ils rebrouss?rent chemin vers la fronti?re des ?tats-Unis, qu'ils travers?rent pr?s du fort Kent, puis vers le Nouveau-Brunswick, o? ils pouss?rent une pointe avant de regagner Portland--enchant?s.

Sur le pont du navire, o? ?taient r?unis autour de Mme Kondratenko, la veuve du g?n?ral, et de ses enfants, de nombreux officiers, son cercueil fut en un moment couvert de couronnes. Et ce furent d'anciens combattants de Port-Arthur, d'anciens compagnons d'armes de Kondratenko, qui lui rendirent les derniers devoirs, le port?rent quand il fut besoin, mont?rent la garde autour de lui.

Le corps du g?n?ral a ?t? transport? ? Saint-P?tersbourg, o? de solennelles obs?ques lui furent faites.

LIVRES NOUVEAUX

LE PREMIER GRAND ROMAN DE LA SAISON <>, PAR M. EDOUARD ROD .

Fasquelle, ?dit. 1 vol., 3 fr. 50

Incroyant lui-m?me, M. Rod s'est fait l'avocat de la tol?rance universelle; calviniste de naissance, il apporte au monde et ? la pens?e catholiques le tribut d'un respect qui, au besoin, ne craint pas de censurer.

Par son oncle, Roman?che,--un des grands chefs du parti avanc?, une fa?on de Jaur?s tumultueux, mais sinc?re,--Valentin D?l?mont a ?t? introduit comme pr?cepteur dans la maison d'un riche industriel r?mois, M. Frumsel. Celui-ci est veuf; il a des ambitions parlementaires et se croit des convictions philosophiques. M. Frumsel veut que son fils, D?sir?, soit ?lev? en dehors de toute religion et tenu jalousement ? l'abri de la contagion catholique. Pour y r?ussir, il compte sur la collaboration, du jeune pr?cepteur, qui saura se faire le camarade de son ?l?ve et qu'on lui a pr?sent? comme un gar?on s?r, bien inf?od? aux <>. Mais quelque h?r?dit? tenace ou une naturelle propension poussent invinciblement D?sir? Frumsel vers la religion qui fut celle de sa m?re. A sentir l'opinion du pr?cepteur peser constamment sur sa conscience pour l'?loigner de l'id?al qui la charme et qui l'obs?de, l'?me de l'?l?ve se tient ferm?e et comme hostile. Valentin, pareillement indocile aux pressions trop exigeantes, commence ? penser que c'est faire oeuvre mauvaise de vouloir contraindre cette mentalit? d'adolescent ? un joug qu'elle refuse, d'imposer la n?gation de tout ? cet enthousiasme affam? de leurres sublimes. Il s'ouvre au p?re de ses inqui?tudes et de son impuissance. Le seul rem?de, concluent ensemble Frumsel et le pr?cepteur, serait un voyage ? Rome; <> aurait la plus heureuse influence sur un esprit droit. Mais, de ce voyage, l'?l?ve, contre toute attente, revient fortifi? dans sa foi juv?nile; Valentin en revient plus h?sitant, plus timor?. Un jour, ? Reims, dans un meeting bruyant o? Roman?che a pris la parole, le fils du radical Fr?msel siffle ?perdument l'agressif tribun, ennemi de son culte. Scandale!... Evictions!... Fr?msel, furieux et inconsol?, chasse de sa maison l'infortun? pr?cepteur dont la faiblesse et l'insuffisance n'ont pas su lui ?pargner telle humiliation devant son parti.

Derri?re cette trame, d'apparence un peu menue, mais ? laquelle le conflit dramatique des opinions, le heurt incessant des volont?s, pr?tent une ampleur parfois majestueuse, M. Rod a, par scrupule de romancier, estomp? une gracieuse idylle. Elle s'efface presque sous la grandeur des probl?mes et des discussions qui, ? chaque page, accaparent l'oeuvre.

L'?crivain ne m?rite pas un tel reproche. Son impartialit? se tient ? ?gale distance d'Urbain Lourtier, qui voit le seul salut de la soci?t? dans la destruction des croyances religieuses, et de Claude Br?vent, cet autre intransigeant, catholique militant, disciple de Marc Sangnier et adepte du <>.

L'un et l'autre sont les meilleurs amis de Valentin et, ? chacun d'eux, comme son h?ros, M. Rod reconna?t une part de sinc?rit?. Il a simplement repris la grande ligne de Flaubert, que nul n'osa appeler un cl?rical, et sait nous montrer que l'Homais du vingti?me si?cle, pour avoir plus d'intellectualit? qu'un pharmacien de province, reste encore et quand m?me Homais.

R?MY SAINT-MAURICE.

LE DERNIER OUVRAGE DE M. G. LENOTRE: <> ,

L'apparition du nouvel ouvrage de M. G. Lenotre datant de quelque trois mois, nous aurions ? nous excuser de le signaler bien tardivement, s'il s'agissait d'un de ces livres dont la vogue est ?ph?m?re ou le sujet d'imm?diate actualit?. Mais tel n'est pas le cas: il a eu la bonne fortune de conqu?rir aupr?s du public une faveur durable, et comme, d'autre part, il traite d'?v?nements remontant ? plus d'un si?cle, le sujet n'est gu?re plus vieux aujourd'hui qu'il ne l'?tait hier; il reste donc opportun de constater ce succ?s et d'en indiquer les raisons pertinentes.

Librairie acad?mique Perrin, 1 vol. in-8? illustr? de portraits, plans et dessins in?dits, 5 francs.

Aussi bien, M. G. Lenotre est-il pass? ma?tre en l'art des reconstitutions historiques. Fouiller les biblioth?ques et les archives, scruter les <>, d?pouiller les <>, afin de leur d?rober leurs secrets et d'en tirer des renseignements neufs, ce sont l? besognes o? font merveille son ing?nieuse sagacit? de curieux, son flair subtil de fureteur, ainsi qu'en t?moignent ses divers ouvrages relatifs ? l'?poque r?volutionnaire, objet de ses ?tudes de pr?dilection. Sa m?thode--la bonne--consiste, une fois les documents d?couverts, ? les v?rifier scrupuleusement, les confronter, les contr?ler, les commenter aux clart?s de l'esprit critique; puis ? les grouper et coordonner, en ajoutant au tout ce qu'il convient de litt?rature, c'est-?-dire l'assaisonnement dos? d'une main experte, de fa?on ? relever sans la d?naturer la saveur originale du plat substantiel. En un mot, l'?rudit vulgarisateur par excellence.

Voil? pourquoi, ? suivre le pr?sent r?cit, constamment ?tay? de r?f?rences justificatives, copieusement illustr? de vignettes d'une pittoresque pr?cision, on croirait assister aux poignantes p?rip?ties du drame qui se d?roula du 20 au 25 juin 1791: l'?vasion des Tuileries, la fuite en berline, la tragique nuit du 21, le retour de Varennes ? Paris, plus tragique encore. Tout s'y d?tache avec un relief saisissant: personnages de premier et de second plan, simples comparses, figures, caract?res, sentiments, incidents anecdotiques, d?tails significatifs, tableaux mouvement?s de l'effervescence populaire...

Mais un pareil livre ne s'analyse pas. D'ordre avant tout r?trospectif et documentaire, pour en comprendre le succ?s, sup?rieur ? celui de bien des romans, il suffit de remarquer qu'au prestige de l'histoire il joint l'int?r?t passionnant d'un roman singuli?rement path?tique et vraiment <>. A ces titres, il a ?t? beaucoup lu cet ?t?, il va l'?tre cet hiver, il le sera longtemps.

EDMOND FRANK.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

LA MALLE DE M. DE BRAZZA.

Quand il partait pour remplir au Congo la mission au cours de laquelle il devait trouver la mort, M. de Brazza entrevoyait-il qu'il aurait ? recueillir l?-bas et ? rapporter de graves documents? Toujours est-il qu'il avait demand? au fabricant de malles bien connu, M. Louis Witton, une <>, sp?cialement am?nag?e pour garder contre toute atteinte, toute indiscr?tion, les pi?ces qui lui seraient confi?es. L'ing?niosit? du constructeur avait r?alis? un meuble tr?s pratique ? la fois, et absolument inviolable.

Ext?rieurement, ce meuble ne semblait qu'une malle ordinaire, solidement construite pourtant, en bois bien sec recouvert de cuivre peint en vert fonc? et consolid? par de solides bandes de renforcement en m?me m?tal, avec d'inusables poign?es de corde permettant de la suspendre ? quelque perche, ? un bambou, pour le portage ? l'?paule. Mais cette malle, plac?e sur une table support?e par quatre pieds en fer qui se repliaient ? volont?, constituait, une fois en place, un v?ritable secr?taire, avec des casiers pour les dossiers, des tiroirs, un compartiment pour la papeterie, tandis que l'avant, s'abattant, formait pupitre pour ?crire. Enfin, un m?canisme compliqu?, dissimul? ? la partie inf?rieure de la caisse, n'en permettait l'ouverture qu'aux seules personnes qui en savaient le secret: M. de Brazza et l'un de ses secr?taires. Et c'est dans cette malle qu'ont ?t? rapport?s tous ces dossiers qu'on a entre-b?ill?s trop t?t et que va examiner en d?tail, maintenant, la commission d'enqu?te nomm?e par le ministre des Colonies pour faire la lumi?re sur tous ces incidents du Congo dont on a tant parl? depuis quelques jours.

Il y a seulement quelque quinze ans, v?t?rinaires et m?decins pensaient que la tuberculose ?tait tr?s rare chez le chien. On savait bien qu'il est facile de d?terminer chez lui la tuberculose exp?rimentale, mais on consid?rait la maladie spontan?e comme tout ? fait exceptionnelle.

Or, il r?sulte des documents r?unis par les v?t?rinaires de l'?cole d'Alfort que la tuberculose canine est au contraire tr?s fr?quente et qu'elle va progressant. En cinq ans, la proportion des chiens tuberculeux autopsi?s ? Alfort se serait ?lev?e de 4,5 ? 9%.

Le plus fr?quemment, ces chiens tuberculeux viennent de chez les marchands de vin, cafetiers ou traiteurs de Paris ou de la banlieue, ayant v?cu, ainsi que l'a remarqu? M. Cadiot au r?cent Congr?s de la tuberculose, <>. D'ailleurs, ainsi que le fait observer M. Landouzy, ce n'est pas seulement par les voies respiratoires que les chiens prennent les germes de la tuberculose, c'est encore par les voies digestives, alors qu'avides et voraces ils l?chent et avalent les mati?res virulentes jet?es ? la voirie ou vers?es sur les tas d'ordures.

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