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Read Ebook: L'Illustration No. 3268 14 Octobre 1905 by Various

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Ebook has 154 lines and 14300 words, and 4 pages

Avec ce Num?ro: L'ILLUSTRATION TH??TRALE CONTENANT VERS L'AMOUR

LA REVUE COMIQUE, par Henriot.

Suppl?ment de ce num?ro: L'Illustration th??trale avec le texte complet de Vers l'Amour, par L?on Gandillot.

VERS L'AMOUR

COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE ?TRANG?RE

On recommence ? se disputer... Preuve que les vacances sont finies et que le Palais-Bourbon nous rouvrira bient?t ses portes. Une demi-douzaine d'interpellations sont annonc?es; et d?j? l'on r?ve de taquiner, d'injurier le gouvernement ? propos de toutes sortes de choses: on le sommera de s'expliquer sur les postes et t?l?graphes et sur le Maroc; sur les gr?ves et sur le Venezuela; on l'invitera aussi ? nous dire ce qu'il pense de cette singuli?re cat?gorie de <> qui avaient imagin? d'organiser, ? la veille du d?part de <>, une gr?ve d'un genre nouveau et dont ce pays nous e?t donn? pour la premi?re fois le spectacle: une gr?ve de conscrits! Tout cela s'arrangera, comme dit le philosophe; et nous avons connu des ?motions pires. On finira m?me par oublier les incidents dont fut agit?, pendant huit jours, le monde du Conservatoire et des th??tres. Quel tapage, juste ciel! Une r?vocation ? la Com?die-Fran?aise; ? l'?cole du faubourg Poissonni?re, deux d?missions, quatre-vingts professeurs ameut?s contre un r?glement nouveau. <> Et, sur ce feu, les journalistes r?pandent, comme il sied, le plus d'huile possible. On publie les correspondances ?chang?es; les interviews se multiplient, aggrav?es de commentaires qui ach?vent de brouiller tout ? fait des gens dispos?s, peut-?tre, ? s'entendre.

Y avait-il donc, en ces affaires, de quoi tant ?mouvoir Paris? Nullement. Mais des com?diens s'y trouvaient m?l?s et c'?tait assez pour que beaucoup de tapage en r?sult?t. Nos journalistes n? con?oivent pas qu'un incident qui int?resse le th??tre puisse laisser la foule indiff?rente. Qu'un fonctionnaire, m?me de grade ?lev?, refuse le service ? ses chefs et soit, s?ance tenante, chass? de sa place pour cela, c'est un fait qui ne sera pas jug? digne, par nos nouvellistes, d'occuper cinq minutes l'attention publique; que le rebelle soit, je ne dis pas m?me un com?dien c?l?bre, mais simplement un pensionnaire, presque obscur, du Th??tre-Fran?ais, et voil? de quoi mettre en mouvement tout notre <> et fournir aux salons, pendant plusieurs jours, de quoi causer.

A propos de l'incident des professeurs, un tr?s gros personnage de la direction des Beaux-Arts disait devant moi, l'autre jour: <>

C'est vrai. Mais est-ce la faute de M. de F?raudy et de M. Le Bargy si leurs d?missions firent ? peu pr?s autant de bruit, dans Paris, qu'une crise minist?rielle? Est-ce la faute de M. Leloir si son m?contentement parut plus int?ressant ? noter, et ? commenter, que celui de M. Di?mer, professeur de piano, par exemple, ou de M. Nadaud, professeur de violon, ou de vingt autres--ma?tres distingu?s et notoires--et qui ne s'affirmaient pas moins m?contents que lui?

...Assist?, dans l'intimit? d'un <>, ? un amusant d?bat sur la question de savoir s'il est juste qu'un volume de vers suffise ? conf?rer ? l'homme qui l'a ?crit les honneurs acad?miques, la gloire,--l'immortalit?.

Un romancier, candidat ? l'Acad?mie, auteur d'une vingtaine de volumes que tout le monde n'a pas lus, d?clare: <>

Le mort dont on parle est Jos?-Maria de Heredia. Je ne l'avais vu qu'une fois et il m'avait tout ? fait s?duite par je ne sais quoi d'ais? et de cordial dans l'aspect; par la noble v?h?mence du parler et la beaut? de son sourire. Il me questionna sur les po?tes de mon pays; je lui parlai de ses vers, que j'avais lus et appris; je lui en r?citai quelques-uns et je lui dis que je l'aimais pour deux raisons: d'abord parce que ses sonnets ?taient beaux; ensuite parce qu'en bornant son ambition ? la joie d'?crire un seul livre, il m'avait ?pargn? l'ennui d'en feuilleter plusieurs pour apprendre ? l'admirer.

M. de Heredia se mit ? rire. Mais c'?tait le plus s?rieusement du monde que je lui parlais ainsi.

SONIA.

LE CONGR?S DE LA TUBERCULOSE

UNE COMMUNICATION DU DOCTEUR BEHRING.--LA SCIENCE FRAN?AISE ET LA SCIENCE ALLEMANDE.

Un fait a domin? de tr?s haut tous les travaux du Congr?s international de la tuberculose et accapar? l'attention aussi bien du monde m?dical que du grand public: c'est la communication du docteur Behring, d?l?gu? du gouvernement allemand, sur les recherches qu'il poursuit, depuis plusieurs ann?es d?j?, en vue de d?couvrir un traitement curatif de la tuberculose.

Au premier moment, et sur des rumeurs recueillies hors des murs du Grand Palais des Champs-Elys?es, on a affirm? que le docteur Behring avait d?finitivement trouv? ce rem?de, qu'appellent tant de voeux si ardents. Pas encore, h?las! et le savant m?decin a d? calmer lui-m?me l'enthousiasme qui commen?ait ? se donner carri?re: s'il entrevoit le but, il ne l'a pas atteint. Il a pr?cis?, dans son m?moire au Congr?s, les r?sultats obtenus. Ils sont fort beaux, mais pas encore d?cisifs.

Le docteur Behring est dans la science m?dicale un homme consid?rable.

Ce fut lui qui, de concert avec le Japonais Kitasato, d?couvrit en 1890 le principe de la s?roth?rapie antidipht?rique et antit?tanique. Il fallut d'ailleurs quatre ann?es de travaux pers?v?rants, poursuivis simultan?ment en France et en Allemagne, avant qu'on parv?nt ? appliquer ? la dipht?rie humaine le s?rum dont le savant allemand avait dot? la m?decine. L'honneur de cette application devait revenir au docteur Roux, l'?minent directeur de l'Institut Pasteur qui, en 1894, au Congr?s de Budapest, put enfin annoncer qu'il ?tait en possession d'une m?thode pratique permettant de gu?rir par la s?roth?rapie la dipht?rie. On se rappelle quelle ?motion s'empara alors du monde entier. Quant au t?tanos, on n'a pu jusqu'ici arriver ? le vaincre par un moyen similaire, bien que les principes pos?s par le docteur Behring soient reconnus rigoureusement exacts. Ce double pr?c?dent permet de se rendre compte tr?s nettement de l'?tat actuel de la question en ce qui concerne la gu?rison de la tuberculose.

Le docteur Behring avait d?montr?, il y a trois ans, ? Cassel, qu'il ?tait en possession d'un proc?d? de vaccination pr?ventive des grands animaux--comme les bovid?s--contre la tuberculose. Il nous fait esp?rer aujourd'hui que ce rem?de gu?rit ?galement chez eux cette m?me maladie. Il faut le croire, car sa parole n'est pas de celle qu'on r?voque en doute. Mais, m?me alors, il restera ? trouver le moyen d'appliquer ? l'homme le m?me traitement. Le professeur Behring avoue n'avoir pas essay? et ne va aborder qu'? pr?sent ce nouveau probl?me. Que de voeux vont l'accompagner! Que de collaborations vont lui ?tre offertes!

D?j?, tr?s galamment, il a promis aux chercheurs de l'Institut Pasteur de mettre ? leur disposition une certaine quantit? de son rem?de, afin qu'ils puissent contr?ler ses propres exp?riences... et les continuer, souhaitons-le. Il faut attendre, avec pleine confiance: le pass? de M. Behring r?pond hautement de l'avenir.

On se rappelle que le prix Nobel a r?compens?, en 1901, ses travaux ant?rieurs, notamment la d?couverte du s?rum antidipht?rique. A ce propos, nous permettra-t-on de relever une erreur commise ces jours derniers: on a dit et r?p?t? que M. Behring avait partag? ce prix avec le docteur Roux; il y a confusion et elle vient de ce que le docteur Roux, honor? lui-m?me par l'Acad?mie fran?aise du prix Louis, en offrit spontan?ment la moiti? ? son confr?re allemand, dont la d?couverte avait servi de base ? ses recherches.

Il sombra ? 18 kil. 800 de Port-Sa?d, au bord de la rive d'Asie, ? un endroit o? le canal se d?roule en plein d?sert. L'?pave n'obstruait pas compl?tement la grande voie navigable; elle laissait libre, du c?t? de la rive d'Afrique, un chenal de 27 m?tres qu'on porta rapidement ? 37 m?tres en reculant la berge, et la navigation put ainsi continuer. Pourtant, le passage des navires n'?tait pas sans danger: le bateau coul? pouvait se d?placer, se rapprocher du milieu du canal; une collision e?t provoqu? une explosion. La Compagnie de Suez d?cida, pour plus de s?curit?, de faire sauter cette redoutable ?pave, en entourant l'op?ration, toujours d?licate, de toutes les pr?cautions possibles et en cherchant ? r?duire au minimum les d?g?ts mat?riels.

On d?via notamment, vers l'int?rieur, le canal qui, sur la rive africaine, approvisionne Port-Sa?d en eau douce et qu'on craignait de voir obstruer par la violence de l'explosion.

L'explosion fut fix?e au jeudi 28 septembre.

En vue de parera tout accident de personne, on avait dispos?, ? 10 kilom?tres de l'?pave, un cordon de soldats ?gyptiens, charg?s d'emp?cher toute circulation; des gardiens mont?s sur des barques sillonnaient le lac Menzaleh, au sud, interdisant ? quiconque l'approche de la zone dangereuse, et des patrouilles chevauchaient en plein d?sert.

Comme on l'a vu plus haut, notre correspondant n'avait pu, pour op?rer, se placer qu'? 11 kilom?tres du lieu de l'explosion. La Compagnie de Suez, de son c?t?, d?sirait vivement avoir un clich? de l'explosion, qui e?t constitu? en effet un int?ressant document.

Il y eut malheureusement un ?-coup; avant que le mouvement atmosph?rique e?t d?termin? la chute de la planche, la masse d'eau et de gaz soulev?e par la dynamite ?tait retomb?e, et l'appareil recueillit seulement le spectacle que pr?sentait le canal imm?diatement apr?s l'explosion. On voit, par la reproduction que voici de l'?preuve qui nous a obligeamment ?t? communiqu?e par la Direction du Canal, ce qu'il fut: la nappe d'eau, si calme sur les photographies pr?c?dentes, ?tait pareille ? une mer agit?e, sillonn?e de remous, ou mieux aux rapides imp?tueux d'un grand fleuve ?quatorial, avec des vagues ?cumeuses montant ? l'assaut de la berge sous un ciel noir et bas, voil?, comme par une nu?e d'orage, de fum?es si denses qu'elles cachaient l'autre rive.

Et, d?tail curieux, une bou?e, bien fragile pourtant, et toute voisine du lieu de l'explosion, puisqu'elle balisait l'emplacement de l'?pave, flottait encore sur ces eaux tumultueuses, intacte, ?pargn?e par tout ce fracas.

LE MONUMENT COMM?MORATIF D'ANVERS

Dimanche dernier a eu lieu, ? Anvers, dans le cimeti?re de l'?glise Saint-Laurent, l'inauguration d'un monument ?lev?, comme le porte l'inscription, ? la m?moire des officiers, sous-officiers et soldats de l'arm?e du mar?chal G?rard, tomb?s au si?ge de la citadelle en novembre 1832.

Parmi les notabilit?s r?unies pour la c?r?monie, on remarquait: M. Carteron, consul g?n?ral de France, et M. Ed. Borniche, le premier, pr?sident d'honneur, le second, pr?sident effectif de la Soci?t? de bienfaisance fran?aise, ? qui revient l'initiative de cet hommage; M. G?rard, notre ministre ? Bruxelles; le g?n?ral Pinsonni?re, commandant le g?nie ? Lille, d?l?gu? par notre gouvernement; le gouverneur de la province, le bourgmestre et les ?chevins de la ville, etc. Dans les discours prononc?s, on a rappel? les circonstances o? l'intervention de la France assura ? la Belgique cette ind?pendance dont elle vient de c?l?brer le 75e anniversaire.

AU R?GIMENT: LE <> ET L' <>

Quelques jours avant la r?cente incorporation de la classe, M. Berteaux, ministre de la Guerre, adressait aux chefs de corps une circulaire dont quelques phrases typiques pr?cisent suffisamment l'objet et l'esprit: <>--<>--<> Les prescriptions dict?es ? notre ministre civil de la Guerre par une sollicitude paternelle ont ?t? assur?ment observ?es, puisque nous pouvons donner la physionomie d'une de ces pr?sentations entre <> et <>, sc?ne prise sur le vif dans une caserne de Paris. Quant a leur efficacit?, il serait peut-?tre t?m?raire d'en juger sans le contr?le pr?alable de l'exp?rience. Souvent les circulaires passent tandis que les habitudes restent.

LE <> DE TOKIO

Surpris par une averse, un soir d'orage, dans une rue tortueuse du quartier de Kanda, il m'advint une petite aventure qui vaut d'?tre cont?e.

N'ayant plus que 500 m?tres de chemin pour arriver ? destination, je d?daignais leurs importunes sollicitations, lorsque l'un d'eux, plus hardi, me lan?a d'une voix mal assur?e:

Ce fut moins son anglais que la mine de ce jeune homme qui me d?cida. Apr?s tout, il pouvait avoir besoin de dix sous.

Au moment de le quitter, apr?s lui avoir pay? sa course, il me regarda avec une certaine fiert?:

--Monsieur, je suis un ?l?ve de l'Universit?.

L'?tat du ciel ne me permettait pas un long dialogue. J'appris en peu de mots que ce jeune homme, originaire de Fukushima, fils de modestes paysans, gagnait ainsi, par les nuits obscures, le suppl?ment d'allocation qui lui manquait pour acheter des livres.

Je triplai le menu pourboire qu'il avait si bien gagn?, et je rentrai chez moi, d?cid? ? explorer ce coin de Tokio o? l'on d?couvrait de si curieuses choses.

L'Universit? imp?riale, avec les immenses ?tablissements aff?rents aux six Facult?s de droit, de m?decine, des lettres, des sciences, d'agriculture et polytechnique, couvre la presque totalit? de ce superbe enclos.

Dans les environs, une foule d'?coles sont venues se grouper: lyc?e sup?rieur, ?coles normales sup?rieures des gar?ons et des filles, arts et m?tiers, etc.

Kanda a l'?cole des langues ?trang?res, la haute ?cole de commerce et diverses institutions secondaires.

Naturellement la jeunesse studieuse du pays, comme les abeilles autour de la ruche, est venue se r?fugier dans les environs et donner ? cette partie de Tokio un cachet un peu sp?cial.

Nulle part de bal Bullier, de caf?s de la Source ou du Panth?on. Dans ces parages plut?t calmes et graves, point de chansonniers ni de gigolettes, rien qui ressemble ? nos mon?mes d'?tudiants en r?volte ou en goguette.

Murger, avec toute son imagination, n'avait pas r?v? d'une boh?me si pauvre. Aussi, une chambre de 6 nattes ?tant encore un luxe et pouvant bien co?ter une dizaine de francs de location mensuelle, les ?tudiant, se groupent deux ou trois ensemble, pour occuper le m?me logis.

Bien qu'ils aient le ventre ?lastique, capable de se serrer de plusieurs crans, les ?tudiants japonais trouvent parfois ces proc?d?s exorbitants et le manifestent en d?molissant la cuisine et en brisant tous les ustensiles de leur traiteur.

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