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Read Ebook: L'art du taupier; ou méthode amusante et infaillible de prendre les taupes by Dralet M Etienne Fran Ois

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Ebook has 149 lines and 19093 words, and 3 pages

L'ART DU TAUPIER

M?thode amusante et infaillible DE PRENDRE LES TAUPES

Par M. DRALET

Ouvrage publi? par ordre du Gouvernement.

Revue et augment?e d'une Introduction et d'additions

PAR A. G.

L'ART DU TAUPIER

PARIS.--TYPOGRAPHIE DE E. PLON ET Cie, RUE GARANCI?RE, 8.

L'ART DU TAUPIER

M?THODE AMUSANTE ET INFAILLIBLE DE PRENDRE LES TAUPES

PAR M. DRALET

Ouvrage publi? par ordre du Gouvernement.

REVUE ET AUGMENT?E D'UNE INTRODUCTION ET D'ADDITIONS

Par A. G.

PARIS LIBRAIRIE AUDOT LEBROC ET Cie, SUCCESSEURS LIBRAIRES-?DITEURS 8, RUE GARANCI?RE SAINT-SULPICE

INTRODUCTION

Histoire naturelle de la Taupe.

La Taupe Woogura , r?cemment d?couverte au Japon, ne diff?re de celle commune que par son pelage de couleur fauve sale et en ce qu'elle ne poss?de que trois paires d'incisives ? chaque m?choire, tandis que les deux autres esp?ces en ont quatre ? la m?choire inf?rieure; ses moeurs sont identiques.

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La Taupe commune ou d'Europe est un petit mammif?re fouisseur, ? corps long et cylindrique, ? pattes tr?s-courtes, ? t?te prolong?e en avant en forme de groin ou de boutoir, avec des yeux si petits et si bien cach?s sous les poils qu'on a longtemps ni? leur existence, d?pourvue de conque de l'oreille externe, munie enfin d'un simple rudiment de queue. Son corps est recouvert d'un poil fin, serr?, court, mou, imitant le velours, de couleur noire avec des reflets gris?tres et rouge?tres; la longueur totale, du bout du nez ? l'extr?mit? de la queue, est de 0m,15 ? 0m,16 chez les adultes.

<>

Il ne sera pas sans int?r?t pour les agriculteurs d'?tudier successivement les principaux points de l'organisation et l'ensemble des moeurs de cet animal.

La Taupe est un animal fouisseur: elle ne peut vivre et se reproduire qu'en creusant dans le sol des galeries souterraines, des g?tes et des nids, plus ou moins longs et spacieux. Aussi la nature l'a-t-elle sp?cialement construite pour ces fonctions; elle l'a dot?e d'une clavicule large et courte, support?e par une lame verticale provenant du sternum; l'hum?rus, tr?s-court, est fortement renfl? ? ses deux bouts et renvoy? lat?ralement; le radius est ?galement court et robuste, le cubitus a la forme d'une lame prolong?e en avant par un fort onglet transversal qui n'est que la transformation de l'ol?crane. Enfin, la courbure, la situation lat?rale de l'hum?rus, la disposition des muscles en g?n?ral et des muscles peaussiers en particulier, ?l?vent le coude plus haut que l'?paule et am?nent la paume de la main en dehors.

La main, et c'est bien v?ritablement une main, pr?sente une longueur ?gale ? sa largeur. Les phalanges m?tacarpiennes et digitales sont form?es d'osselets courts ? t?tes articulaires, et se terminent par une phalange ongu?ale droite, acumin?e, convexe en dessus, taill?e en bec de fl?te en dessous, longue et forte; enfin un fort osselet en forme de fer de serpe, n? de l'extr?mit? du radius, vient s'ins?rer pr?s de l'ongle du pouce. Cette main merveilleuse sert ? fouir, et pour cela, elle est conform?e ? la fois comme une pioche et comme une pelle, elle est munie d'ongles longs et puissants, elle fonctionne d'avant et de c?t? en arri?re; mais elle sert aussi ? la marche et m?me ? une marche rapide, en se pla?ant perpendiculairement au sol sur lequel elle s'appuie avec l'extr?mit? des ongles.

Le membre post?rieur se rapproche bien plus, par sa conformation, des membres analogues des autres mammif?res. Le bassin est allong?, ouvert par devant et soud? par l'ilium avec les vert?bres sacr?es; le f?mur est allong? et offre deux fortes t?tes articulaires; le tibia est long et fort, et son p?ron?, d?velopp? en haut, se confond avec lui en bas. Le pied est ?troit, allong?, plac? d'aplomb sous le ventre; il est termin? par des ongles droits, longs et tr?s-aigus; on y trouve, comme ? la main, mais plus gr?le et ? l'?tat rudimentaire, un petit osselet surnum?raire. Le pied peut venir en aide ? la main, dans l'action de fouiller, et servir ? pousser la terre de c?t?; il sert aussi ? la marche et se pose sur toute la plante, le membre post?rieur donnant l'impulsion principale au corps tout entier.

La main forme pour la Taupe une pioche ? la fois et une pelle; mais elle est encore aid?e dans ces fonctions par la t?te, dont la m?choire sup?rieure se termine en museau allong?, en boutoir ou en groin, assez comparable ? celui du porc et du sanglier. Ce museau est recouvert par la peau, dont le panicule charnu est tr?s-d?velopp? aussi bien que les muscles vert?braux; gr?ce ? cette disposition, la Taupe, dou?e d'une force ?norme pour renverser sa t?te en arri?re, se sert de ce museau pour soulever le sol apr?s l'avoir d?sagr?g? et l'amonceler ? la surface de la galerie ou du nid; c'est ? la fois une pince, une tari?re et une pelle, organe ? la fois de pr?hension, de fouissage et d'extraction.

Puisque nous nous occupons de la t?te, traitons des sens qui y ont leur si?ge. Au premier rang, il faut placer celui de l'odorat, qui s'est d?velopp? aux d?pens de celui de la vue. Le mufle s'est allong? et converti en boutoir, presque en trompe; les cavit?s nasales s'?largissent en arri?re, reposant sur un ethmo?de ?tendu et contenant des cornets volumineux et repli?s en nombreuses et fines volutes; les tubercules olfactifs du cerveau pr?sentent un d?veloppement inaccoutum?. Dans sa vie souterraine, en effet, la Taupe avait besoin d'un odorat subtil pour se diriger vers sa proie, la guetter, la deviner et l'atteindre.

Le vers de Virgile:

pourrait presque caract?riser la Taupe, et longtemps on a consid?r? cet animal comme priv? de l'organe et du sens de la vue; on sait aujourd'hui qu'elle est dou?e d'un oeil tr?s-petit, il est vrai, que cachent les poils, mais qui est un oeil v?ritable et ne diff?rant gu?re de celui des autres mammif?res que par un d?veloppement plus restreint. Cet oeil pr?sente une pupille elliptique et verticale; la corn?e est plus saillante que chez les oiseaux, le cristallin plus convexe que chez les mammif?res, ce qui tendrait ? constituer un oeil myope, bien en accord avec le milieu dans lequel vit l'animal. Nous avons vu que, chez la Taupe dite aveugle, la vision ne s'op?re qu'? travers un trou tr?s-fin, ouverture non dilatable, perc?e dans une membrane tr?s-mince qui recouvre tout le globe oculaire.

Le sens de l'audition vient, pour la Taupe, comme importance, apr?s celui de l'olfaction; il est indispensable ? sa s?curit?. Il ne para?t point qu'il y ait d'oreille externe; mais s'il n'y a aucun rudiment de conque, on peut remarquer, sous le poil, une ouverture pratiqu?e ? la peau; c'est un m?at auditif, l'orifice d'un canal qui, apr?s quelques sinuosit?s sous la peau, aboutit dans l'oreille osseuse; ce canal ? parois musculeuses et cartilagineuses n'est qu'une conque plac?e int?rieurement. C'est encore une adaptation des organes aux milieux.

Quant au sens du go?t, le palais pr?sente une vaste surface, et la langue le pouvant recouvrir en entier, palais et langue ?tant tapiss?s d'une muqueuse qui ne para?t rien pr?senter d'anormal, il y a tout lieu de supposer que la gustation s'exerce chez la Taupe comme chez la plupart des mammif?res et au m?me degr?.

Enfin, le sens du tact ne para?t pr?senter aucune particularit?.

Parmi les fonctions physiologiques, deux seulement m?ritent particuli?rement d'attirer notre attention.

La fonction de digestion d'abord. La place assign?e ? la Taupe dans la classification zoologique, parmi les carnassiers insectivores, dit assez bien la forme que doivent offrir les dents de cet animal; elle ne dit pas leur formule; la voici:

Incisives Canines Molaires

Nous avons vu que chez la Taupe Woogura, la formule des molaires sup?rieures est de +6, et le nombre total de 42 seulement, 6 par cons?quent.

Venons maintenant aux fonctions de reproduction. Les organes m?les se composent, comme chez les autres mammif?res, 1? de deux testicules tr?s-gros relativement, occupant leur situation ordinaire, mais contenus dans l'abdomen et non dans un repli de la peau ; 2? les testicules se continuant par les canaux d?f?rents; 3? une large v?sicule s?minale; 4? une glande prostate; 5? un canal ?jaculatoire; 6? un canal de l'ur?tre contenu dans le p?nis; 7? un p?nis extr?mement long et termin? par un os p?nien extr?mement aigu; le m?at urinaire s'ouvre non ? la pointe, mais en arri?re de l'os p?nien.

Les organes de la Taupe femelle comprennent, comme chez les autres mammif?res: 1? deux ovaires; 2? deux oviductes; 3? un ut?rus assez vaste avec deux cornes ?normes, repli?es et comme enroul?es sur elles-m?mes; cet ut?rus de forme ovalaire est, dans l'?ge adulte, mais en ?tat de vacuit?, long de 0m,02256 et large de 0m,004512, et s'ouvre dans le vagin par le col et le museau de tanche; 4? le vagin est long de 0m,027072 ? 0m,03384; il est courb? en arc et renvers? par dessous. L'ut?rus est contenu, non dans la cavit? du bassin, mais en dehors et au-dessous. 5? Quant ? la vulve, elle n'appara?t au dehors que pass? l'?ge de six mois, par une fente; jusque-l?, il y a occlusion compl?te, et la femelle peut d'autant mieux ?tre confondue avec le m?le, que le clitoris, relativement tr?s-d?velopp?, se pr?sente comme l'analogue du p?nis et porte comme lui un m?at urinaire. La fente vulvaire se produit-elle spontan?ment ? l'?poque o? s'op?rent les changements qui rendent la Taupe apte ? subir la f?condation, ou r?sulte-t-elle de l'action de l'os p?nien du m?le durant l'accouplement? C'est ce qu'on ignore encore. 6? Deux mamelles situ?es, une de chaque c?t?, dans le pli de l'aine.

Maintenant que, gr?ce aux beaux travaux de Geoffroy Saint-Hilaire, nous avons initi? le lecteur aux particularit?s anatomiques que pr?sente le bizarre animal dont nous nous occupons, il est temps de nous enqu?rir de ses moeurs et de son mode d'existence.

De m?me que tous les petits mammif?res, la Taupe doit avoir une circulation tr?s-active; de m?me que les oiseaux et par le m?me motif, elle ne peut supporter une abstinence un peu prolong?e. Il faut qu'elle mange souvent, et que, pour manger, elle travaille: d'o? la n?cessit? des nombreuses galeries qu'elle creuse sans cesse dans nos champs, nos pr?s et nos jardins. <> Flourens constata, dans ses exp?riences, que, du soir au matin, la Taupe est expos?e ? p?rir par d?faut de nourriture: <> Cette voracit? ou plut?t cet imp?rieux besoin de manger va jusqu'? rendre la Taupe talpophage: deux Taupes vivantes ayant ?t? plac?es dans une bo?te pour ?tre exp?di?es, de trente-deux kilom?tres, ? Geoffroy Saint-Hilaire, l'une d'elles fut d?vor?e par l'autre. <>

Mais la Taupe ne trouve point toujours des proies aussi volumineuses, et force lui est de se contenter de lombrics ou vers de terre et de cloportes pour lesquels elle a, d'apr?s Geoffroy Saint-Hilaire, un go?t d?cid?, et de petits scarab?es, d'apr?s Cadet de Vaux.

?'a ?t? longtemps une question tr?s-discut?e que celle de savoir si la Taupe mange et par cons?quent d?truit le ver blanc, nom vulgaire de la larve du hanneton, et aussi la courtili?re; de savoir si elle se contente du r?gime animal et bouleverse seulement les plantes situ?es sur le passage de ses galeries, ou si elle vit des racines de ces plantes. La malheureuse proscrite trouva des juges implacables d'un c?t? et des protecteurs de l'autre. M. le docteur Boisduval dit qu'elle d?vore une quantit? ?norme de vers blancs et de vers gris . Le mar?chal Vaillant constata ? Vincennes qu'une Taupe consommait, en vingt-quatre heures, plusieurs fois son poids de vers blancs. M. Carl Vogt dit avoir trouv? dans l'estomac des Taupes des d?bris de vers blancs, des col?opt?res ? l'?tat parfait, des myriapodes, mais jamais de fragments v?g?taux. MM. Eug. No?l, F. Villeroy, Eug. Gayot, la consid?rent comme une destructrice acharn?e du ver blanc. M. Pouchet, sur plus de deux cents Taupes diss?qu?es, a trouv? l'estomac rempli de fragments de vers de terre, de vers blancs, de hannetons et d'autres insectes, mais rarement et accidentellement des d?bris de v?g?taux. Geoffroy Saint-Hilaire est plus circonspect: <> D'apr?s Cadet de Vaux, la Taupe ne mange pas la courtili?re, ni le ver gris, mais bien probablement le ver blanc. Un jardinier du d?partement du Cher nous affirma qu'ayant plac? des Taupes dans des caisses ? fleurs o? il les nourrissait de courtili?res, les Taupes ne mangeaient que les t?tes des insectes, ce qui serait bien suffisant pour affirmer leur destruction.

Ne serait-il point possible que, pouss?e par cette faim insatiable, par cette n?cessit? supr?me d'une nourriture fr?quente, la Taupe consomm?t en cas de besoin, et toute autre meilleure nourriture lui faisant d?faut, des proies qu'elle d?daignerait en toute autre circonstance? C'est ce que tendrait ? prouver l'observation suivante: <>

Il est bien ?vident, d'apr?s son syst?me dentaire et son tube digestif , que la Taupe est organis?e pour un r?gime animal. Mais, pouss?e par une voracit? caract?ristique, n'est-il pas possible qu'? d?faut de nourriture animale, elle ne cherche ? tromper la faim par des aliments v?g?taux? Flourens, Oken, Lenz, ont vu les Taupes p?rir de faim plut?t que de se nourrir de v?g?taux mis ? leur port?e . Cadet de Vaux dit qu'elle se nourrit fort bien de racines d'artichaut, de carottes, panais, betteraves, navets, pommes de terre, etc. Geoffroy Saint-Hilaire nous semble dans le vrai, lorsqu'il dit: <> Buffon avait d?j? dit, en parlant de la Taupe: <>

Mais, en supposant m?me qu'elle ne les mange pas, elle d?truit un grand nombre de plantes ou tout au moins leur porte un notable dommage. Tant?t elle soul?ve et bouleverse celles sous lesquelles passe une de ses galeries; tant?t elle ?monde les radicelles d'un arbrisseau ? l'ombre duquel elle trace sa voie souterraine; d'autres fois ce sont des chaumes, des pailles ou des tiges qu'elle entra?ne dans son nid pour s'en constituer un moelleux et sec coucher. Par les dents ou par les pieds, elle est l'h?te on?reux des champs et surtout des jardins, et c'est en vain qu'elle invoquerait les circonstances att?nuantes. Pour quelques services rendus, que de dommages caus?s!

En effet, condamn?e ? ne vivre que d'un travail p?nible et ? peine interrompu, il lui faut sans cesse fouiller le sol pour y trouver des aliments. La Taupe fouille pour vivre, et elle distingue instinctivement les contr?es et les sols qui lui promettent la subsistance la plus abondante et la plus assur?e: les terrains l?gers sans ?tre sableux, frais sans ?tre humides, riches, rarement remu?s. Dans une prairie, elle parcourt le bas en ?t? et le haut en hiver; on ne la trouve en terres tourbeuses que durant la belle saison; elle vit ? la surface pendant les saisons humides et s'enfonce plus ou moins profond?ment durant les saisons s?ches; elle fuit devant l'inondation et se r?fugie souvent dans les digues et les lev?es qu'elle mine de ses travaux; elle n'est point embarrass?e pour traverser ? la nage un ruisseau, une rivi?re ou un ?tang; mais c'est dans les jardins qu'elle se pla?t plus particuli?rement en toutes saisons et surtout en hiver, on le comprend.

Une Taupe apport?e dans un champ s'y cantonne apr?s avoir ?tudi? le terrain: <

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Les galeries du terrain de chasse ont un diam?tre ? peine sup?rieur ? celui du corps de l'animal; dans celles qui lui servent de passage habituel, le diam?tre tend sans cesse ? s'agrandir, l'animal y circulant fr?quemment et pr?cipitamment. Dans les terres fortes, les galeries sont plus superficielles; situ?es plus profond?ment au contraire dans les sols l?gers. Quand il s'agit de franchir un obstacle, comme une route ou un mur, la galerie s'enfonce souvent ? 0m,50 et m?me plus. Le plancher des galeries de chasse est en moyenne de 0m,12 ? 0m,16 en dessous de la surface du sol. Mais pour op?rer ces galeries, il faut trouver un emplacement pour les d?blais; aussi, de distance en distance, la Taupe rejette-t-elle la terre ?miett?e qu'elle transporte et accumule ? la surface du terrain, formant ce qu'on appelle une taupini?re.

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