Read Ebook: L'Illustration No. 3671 5 Juillet 1913 by Various
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Ebook has 232 lines and 21032 words, and 5 pages
La partie serait donc ?gale, si la Roumanie ne jetait son ?p?e dans la balance. Cette puissance dispose de cinq corps d'arm?e ? deux divisions, dont l'effectif est ? peu pr?s l'?quivalent de celui des arm?es bulgares. Mais l'arm?e roumaine n'est pas mobilis?e et n'est pas aguerrie par une longue et p?nible campagne, comme celles des nations balkaniques, dont chaque soldat est, un v?t?ran. Malgr? son r?seau ferr? tr?s d?velopp?, il lui faudra plusieurs jours pour faire passer ses unit?s sur le pied de guerre et les amener ? la fronti?re.
Enfin, on ne peut oublier que les deux masses turques de Gallipoli et de Tchataldja n'ont pas encore ?t? disloqu?es et n'ont besoin que d'un ordre pour d?boucher en Thrace, apr?s avoir franchi les lignes bulgares hier encore si formidables, mais aujourd'hui vides de d?fenseurs. Certes, la tentation est forte, car devant Constantinople, Izzet pacha a 150.000 soldats et Fakri pacha 60.000, ? Boula?r.
Ainsi se pr?sentait, dans ses grandes lignes, la situation militaire dans la p?ninsule balkanique, lorsque s'est allum?e la conflagration inattendue du 30 juin en Mac?doine. Sur toute la ligne de d?marcation serbo-bulgare, depuis Zletovo, par Istip, jusqu'? Do?ran et Guevgheli, la poudre a parl?. Naturellement, chacun des partis reproche ? l'autre de l'avoir attaqu? et pr?tend le prouver: les Bulgares affirment, que les Serbes pr?m?ditaient de tourner leur droite pour la rejeter dans la montagne de Platchkovitza; les Serbes accusent leur adversaire d'avoir complot? une offensive ? la Napol?on en quelque sorte, dirig?e sur leur point de soudure avec les Grecs, ? Guevgheli, pour s?parer les deux alli?s.
A l'extr?mit? de la fronti?re conventionnelle gr?co-bulgare, m?mes r?criminations au sujet! des engagements qui ont abouti ? l'occupation du petit port d'Eleuthera par les troupes du g?n?ral Ivanof.
Enfin, ? Salonique, le faible bataillon bulgare, isol? au milieu de toute l'arm?e du roi Constantin, a refus? de se soumettre ? un ultimatum de d?sarmement hell?ne. Divis? en plusieurs d?tachements s?par?s les uns des autres, il a r?sist? pendant deux heures ? la fusillade et n'a capitul? que lorsque le canon eut d?moli les maisons qui l'abritaient.
Ainsi, la guerre n'?tant point d?clar?e, il y a eu, pendant trois jours, entre Bulgares, Serbes et Grecs, cinquante heures de bataille avec, de part et d'autre, des pertes tr?s cruelles. Les op?rations, d'ailleurs, continuent et il ne manque plus ? l'?tat de guerre qu'une d?claration officielle.
La Bulgarie, cependant, par une double d?marche ? Belgrade et ? Ath?nes, le 2 juillet, a manifest? son d?sir d'arr?ter les combats. Elle assurait que des ordres r?it?r?s avaient ?t? donn?s ? ce sujet aux commandants bulgares et elle demandait l'envoi urgent d'ordres identiques aux chefs de l'arm?e serbe et de l'arm?e grecque. Mais la Serbie et la Gr?ce se sont born?es ? d?cliner la responsabilit? des ?v?nements actuels. La Serbie, notamment, a r?pondu que les combats se poursuivaient du fait de l'arm?e bulgare, qu'elle n'avait fait que repousser une agression et qu'elle ne pourrait, immobiliser ses troupes tant que les Bulgares resteraient sur des positions qu'ils n'occupaient point avant leur mouvement offensif.
Suivant l'usage, le chef de l'?tat, qu' accompagnait Mme Poincar?, arriva, peu avant la course, dans sa daumont, qui, pr?c?d?e du piqueur Andr?, en redingote gros bleu ? parements d'or, et attel?e avec la plus fringante ?l?gance, fit sensation au pesage. Le pr?sident de la Soci?t? d'Encouragement a coutume de venir saluer le pr?sident de la R?publique au pied du pavillon officiel: si cette r?ception fut, durant les pr?c?dents septennats, empreinte d'une tr?s d?f?rente courtoisie, les acclamations qu'elle provoqua, cette ann?e, lui donn?rent un ?clat dont le souvenir s'?tait perdu... On put voir, tandis que le prince d'Arenberg offrait son bras ? Mme Poincar?, les membres du Jockey-Club manifester une sympathie unanime, group?s sur les marches de l'escalier qui m?ne ? leur tribune r?serv?e. Gardienne des traditions, celle-ci ne saurait admettre, en cette classique journ?e, que des chapeaux de soie: ils se lev?rent tous, d'un commun accord, et s'agit?rent all?grement, au passage du chef de l'?tat, multipliant, comme autant de sourires de bienvenue, leurs mouvants reflets.
CERFS-VOLANTS MARITIMES
Les cerfs-volants mont?s du capitaine Saconney, dont nous avons, ? diverses reprises, entretenu nos lecteurs, ont ?t? adopt?s par l'arm?e de terre, il y a quelques mois. Apr?s une longue s?rie d'exp?riences, ils viennent de l'?tre aussi par la marine, qui a ainsi trac? son programme a?ronautique:
Limiter l'emploi des a?roplanes ? la d?fense des c?tes, seul cas o? l'avion trouve toujours dans une rade tranquille une surface de d?part et une surface d'atterrissage.
--Utiliser les dirigeables ? tr?s grand rayon d'action pour la surveillance des arm?es navales ennemies.--Recourir au cerf-volant soit pour l'?clairage des escadres au large, soit pour la surveillance d'une c?te ?trang?re bloqu?e.
Ces cerfs-volants, d?mont?s et remis?s, ? bord, dans un coin quelconque, sont mont?s cinq minutes apr?s avoir ?t? apport?s sur le pont du navire; dans le m?me temps, une autre partie de l'?quipe dispose les treuils et les agr?s de lancement. On compte ensuite quinze minutes pour lancer, arrimer la nacelle, et faire prendre place ? l'observateur qui reste reli? au navire par le t?l?phone; puis cinq minutes pour monter ? 300 m?tres. Dix minutes suffisent pour ramener le train ? bord et le remiser sous le pont.
LE VACCIN DE LA FI?VRE TYPHO?DE
UNE NOUVELLE CONQU?TE DE LA SCIENCE FRAN?AISE
Lorsque le docteur Roux d?couvrit le s?rum de la dipht?rie, quand Koch lan?a pr?matur?ment le vaccin de la tuberculose, il y eut en France, et dans l'humanit? tout enti?re, une explosion d'enthousiasme. Apr?s de longues recherches, le vaccin de la fi?vre typho?de a ?t? trouv?; depuis plusieurs mois, il donne dans notre pays comme ? l'?tranger des r?sultats merveilleux, et, pourtant, la chose est ? peine connue du grand public.
A quoi cela tient-il? A plusieurs causes d'ordres tr?s divers.
Les premi?res exp?riences de vaccination typhique pr?ventive sur des animaux remontent ? une vingtaine d'ann?es. Pendant longtemps, avec une prudence peut-?tre excessive, mais qui est dans les belles traditions de la science fran?aise, on n'osa pas exp?rimenter sur l'homme, sous pr?texte que, la fi?vre typho?de humaine diff?rant sensiblement de celle des animaux, on ne pouvait tirer argument de l'immunit? conf?r?e ? ces derniers. D'illustres biologistes entendaient ne rien entreprendre avant d'avoir r?ussi ? donner au chimpanz? la <
Enfin, et ici je touche un point particuli?rement d?licat, deux vaccins fran?ais se trouvent en pr?sence: le vaccin <
J'ai caus? longuement avec les professeurs Chantemesse et Vincent qui, tr?s aimablement, m'ont admis ? visiter leur laboratoire et ? assister ? des s?ances de vaccination. Il ne m'appartient pas de me prononcer entre les deux m?thodes; il m'est, d'ailleurs, plus agr?able de confondre dans un m?me hommage deux savants fran?ais qui ont bien m?rit? de l'humanit?.
LA VACCINATION EN G?N?RAL
De fa?on g?n?rale, la vaccination consiste ? introduire dans l'organisme sain l'agent pathog?ne d'une maladie quelconque, dans des conditions propres ? d?terminer une r?action d?fensive qui emp?che la maladie de se produire et qui procure au sujet une immunit? plus ou moins durable contre cette maladie.
Pour r?aliser cette double condition, on se trouve en pr?sence de deux exigences contradictoires. Il semble, en effet, qu'il y a int?r?t, pour obtenir l'immunit? la plus grande, ? inoculer un virus aussi peu att?nu? que possible; d'autre part, on doit ?viter que l'inoculation apporte ? l'organisme une secousse trop violente.
Le second proc?d? offre des garanties particuli?res, car, si le vaccin contient du bacille vivant, ce bacille est apte ? se multiplier dans l'organisme et, par cons?quent, ? venir ?ventuellement augmenter l'action nocive des bacilles pr?existant chez le sujet, au cas o? ce dernier se trouverait en ?tat d'incubation de la maladie, ce qu'il est en g?n?ral impossible de constater.
On peut tuer le microbe par la chaleur ou ? l'aide d'un agent chimique; c'est par l'emploi respectif de ces deux moyens que diff?rent essentiellement le vaccin Chantemesse et le vaccin Vincent.
LE VACCIN DU PROFESSEUR CHANTEMESSE
Les premiers essais de vaccination antityphique sur des animaux furent effectu?s simultan?ment en France et en Allemagne en 1887. Tandis que Frenkel, ? Berlin, injectait de petites quantit?s de bacilles vivants non att?nu?s, les docteurs Chantemesse et Widal, ? Paris, st?rilisaient leur bouillon de culture ? une temp?rature de 120? qui tuait le bacille et laissait plus ou moins intacte la toxine vaccinante.
Les deux m?thodes pr?sentaient donc une diff?rence radicale: la m?thode allemande ?tait inapplicable ? l'homme; la m?thode fran?aise, n'injectant que des cultures mortes, pouvait au contraire devenir applicable.
Les ?tudes poursuivies en France d?montr?rent bient?t que la vaccination antityphique avec microbes st?rilis?s par chauffage conf?re l'immunit? aux animaux pour une dose de bacilles typhiques qui tue les animaux t?moins. On n'en pouvait conclure, avec certitude, que pareille immunit? serait conf?r?e ? l'homme; la chose, toutefois, semblait tr?s probable. On avait trait? des cobayes, des lapins, des chevaux; or, l'exp?rience a appris qu'un vaccin agissant sur des mammif?res d'un ordre ?lev? se comporte presque toujours de fa?on analogue sur l'homme.
Mais les exp?riences de Chantemesse et Widal soulev?rent d'assez vives pol?miques; le monde m?dical les accueillit avec r?serve.
On objectait avec insistance que les sympt?mes et les l?sions de la fi?vre typho?de ne sont pas les m?mes chez l'animal et chez l'homme; qu'il serait imprudent, par cons?quent, d'inoculer ? l'homme un vaccin ?prouv? seulement sur des animaux. Le docteur Chantemesse r?pondait que la dissimilitude des l?sions importe peu, la fi?vre typho?de ?tant un empoisonnement du sang qui se manifeste de fa?on semblable chez l'homme et chez l'animal. N?anmoins, devant l'opposition qu'il sentait autour de lui, le savant professeur n'osa pas exp?rimenter sur l'homme.
Ce sont deux Allemands, Pfeiffer et Koll?, qui, s'inspirant de la m?thode fran?aise, prirent les premiers une initiative jug?e alors fort audacieuse. En 1896, ils inject?rent ? un gar?on de laboratoire du vaccin st?rilis? par chauffage. Le gar?on n'?prouva aucune g?ne, ce qui ?tait un point important acquis; mais on ne fit aucune exp?rience subs?quente pour constater s'il ?tait immunis?.
La m?me ann?e, le professeur anglais Wright se pr?occupait d'abaisser la temp?rature de st?rilisation. Bient?t, la guerre du Transvaal ?tant survenue, il inaugurait la vaccination antityphique dans l'arm?e anglaise. Les r?sultats furent assez satisfaisants: alors que pour 1.000 hommes non vaccin?s on comptait 141 cas et 31 d?c?s, la proportion fut r?duite ? 20 cas et 4 d?c?s pour les soldats vaccin?s.
Vers la m?me ?poque, en 1899, le docteur Chantemesse vaccinait les ?l?ves de son service d'h?pital. Peu ? peu, les vaccinations devinrent plus nombreuses, mais c'est seulement depuis deux ou trois ans qu'elles commencent ? entrer dans la pratique courante, en France et ? l'?tranger.
Au cours de leurs travaux, les diff?rents chercheurs ont abaiss? progressivement la temp?rature de st?rilisation, en vue d'att?nuer aussi peu que possible les propri?t?s du vaccin.
Au d?but, le professeur Chantemesse chauffait ses microbes ? 120? pendant dix minutes; plus tard il s'arr?te ? 100?. Apr?s lui, Wright chauffe ? 75?, puis ? 60?. Aujourd'hui, le docteur Chantemesse chauffe pendant une heure ? 56?; c'est ? son avis la temp?rature limite ? laquelle on est certain de tuer le bacille.
Le vaccin du docteur Chantemesse contient douze cents millions de bacilles morts par centim?tre cube d'eau; il se pr?sente sous forme d'un liquide l?g?rement opalin. La vaccination se pratique sur le haut du bras au moyen de la seringue classique; on badigeonne ? la teinture d'iode la r?gion piqu?e. Aucune douleur, ni pendant, ni apr?s; point de d?mangeaisons ni de pustules comme en provoque la vaccination antivariolique. Parfois seulement un peu de fi?vre que chasse un cachet d'antipyrine.
Le patient re?oit 3 milliards de bacilles st?rilis?s r?partis en quatre injections ? sept jours d'intervalle l'une de l'autre et ainsi dos?es:
La lre de 300 millions de microbes. La 2e de 600 La 3e de 900 La 4e de 1.200 Total... 3.000 millions de microbes.
Tous les vendredis, ? 11 heures du matin, le professeur Chantemesse et son adjoint, le professeur Rodriguez, re?oivent ? leur laboratoire de l'H?tel-Dieu les personnes qui d?sirent ?tre vaccin?es. J'ai rencontr? l? des Parisiens et des Parisiennes de tous les mondes, qui viennent en pleine confiance, connaissant les r?sultats que j'indiquerai tout ? l'heure.
LE VACCIN DU PROFESSEUR VINCENT
Le docteur Vincent, m?decin principal de l'arm?e, professeur au Val-de-Gr?ce, membre de l'Acad?mie de m?decine, comme le professeur Chantemesse, a commenc? en 1908 ses ?tudes sur le vaccin antityphique.
Tout en reconnaissant la valeur des vaccins st?rilis?s par chauffage et antiseptis?s, il leur trouve deux inconv?nients:
D?s lors, le mode de pr?paration adopt? au Val-de-Gr?ce est le suivant:
On prend une culture tr?s jeune de bacilles vari?s, culture de 18 heures. En ce court espace de temps, les s?cr?tions du bacille ont ?t? peu abondantes, et la culture pr?sente une virulence tr?s faible. Au lieu de chauffer, on ajoute de l'?ther: au bout de quatre heures, le bacille est tu?. On retire alors l'?ther par simple ?vaporation.
Des exp?riences comparatives faites par le docteur Vincent, il r?sulte que les cobayes inject?s avec ce vaccin r?sistent ? des inoculations de bacilles vivants assez fortes pour tuer d'autres cobayes trait?s avec du vaccin st?rilis? par chauffage.
Le vaccin ainsi pr?par? contient 400 millions de microbes par centim?tre cube. Les microbes ?tant moins att?nu?s que dans les vaccins chauff?s, on en injecte un nombre plus restreint: deux milliards seulement r?partis en quatre injections ? sept jours d'intervalle et ainsi dos?es:
La lre avec 200 millions de microbes. La 2e avec 400 La 3e avec 600 La 4e avec 800 Total... 2.000 millions de microbes.
Ce vaccin n'est pas r?serv? exclusivement aux militaires; chaque lundi, ? 11 heures du matin, le docteur Vincent re?oit au Val-de-Gr?ce tous les civils qui d?sirent ?tre vaccin?s. L?, comme ? l'H?tel-Dieu, on rencontre des personnes de tout ?ge et de toutes conditions.
Au petit nombre <
L'impartialit? me fait un devoir d'ajouter que les vaccin?s du docteur Chantemesse, que j'ai eu l'occasion d'interroger ? l'H?tel-Dieu, affirment eux-m?mes n'avoir ressenti aucun malaise au cours du traitement. D'ailleurs, m?me en admettant que le vaccin japonais chauff? f?t rigoureusement identique au vaccin chauff? fran?ais, les diff?rences de climat, de race, voire de manipulations, ne permettent peut-?tre point de consid?rer comme scientifiquement comparables les r?sultats obtenus ? Tokio et ceux obtenus ? Paris.
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