Read Ebook: L'Illustration No. 3262 2 Septembre 1905 by Various
Font size:
Background color:
Text color:
Add to tbrJar First Page Next Page Prev Page
Ebook has 123 lines and 12955 words, and 3 pages
Mais, jusqu'ici, aucune mission officielle n'a rep?r? sur le terrain, par rapport ? cette ligne purement astronomique, les villages ou les points saillants qui s'en trouvent rapproch?s. Les diverses cartes existantes pr?sentent souvent des indications contradictoires; aucune, d'ailleurs, ne saurait, en l'absence d'un accord pr?cis, faire loi diplomatiquement.
Une telle situation devait provoquer des difficult?s continuelles entre les deux Compagnies voisines. A en croire la N'Goko Sangha, dont les dires paraissent appuy?s de documents s?rieux, la Soci?t? du Cameroun s'?tait attribu? un morceau important du territoire fran?ais. Depuis trois ans, nos compatriotes l'obligeaient ? reculer peu ? peu, en opposant, aux incertitudes et aux erreurs des cartes, des observations astronomiques partielles dont les agents du Sud-Cameroun pouvaient ais?ment contr?ler l'exactitude. Il est, en effet, aussi facile de d?terminer la position exacte d'un village que de relever le point sur un navire; l'op?ration est identique. Ces restitutions forc?es, quoique l?gitimes, dont notre croquis fait ressortir l'importance, ont, sans doute, exasp?r? ceux qui s'y voyaient contraints.
Quelques semaines plus tard, la Compagnie fran?aise revendiquait le village de Missoum-Missoum, auquel on assigne trois positions diff?rentes, indiqu?es sur notre carte, mais qui, d'apr?s un relev? op?r? en 1904 par le lieutenant fran?ais Braun, se trouve incontestablement ? 4 ou 5 kilom?tres au sud de la fronti?re, par cons?quent en territoire fran?ais. La Compagnie Sud-Cameroun aurait pris l'engagement d'?vacuer, pour le 9 mai, la factorerie qu'elle poss?dait ? 500 m?tres au nord du village. En attendant, la Compagnie N'Goko Sangha installait dans le village m?me un poste de miliciens dont les indig?nes c?l?br?rent l'arriv?e par des danses... en grand costume, comme le montre notre gravure.
Le 9 mai, au petit jour, un groupe de soldats allemands, qui s'?taient avanc?s en se dissimulant dans la brousse, envahissent le poste fran?ais, sous les ordres du capitaine Schoenemann, tuant quatre hommes, dont le sergent Ma?ssa-Coumba, chef de poste, repr?sent? ci-dessus entre M. Dupont, administrateur fran?ais, et M. Karmel, agent de la Compagnie N'Goko Sangha. En outre, un cinqui?me milicien ?tait s?rieusement bless?.
D'apr?s l'officier allemand, c'est notre sous-officier qui tira le premier. D'apr?s le rapport de l'agent fran?ais, Ma?ssa, en luttant contre les soldats qui s'?taient jet?s sur lui, fit partir son fusil dont la balle frappa la terre, et, aussit?t, le capitaine Schonemann commanda le feu. Cette version para?t plus vraisemblable, car on ne signale aucun mort ni bless? du c?t? allemand, alors qu'il y eut, du c?t? fran?ais, quatre morts et un bless?.
Quoi qu'il en soit, ces faits regrettables constituent moins un incident international, dans le sens politique du mot, qu'un incident priv? de cette vie coloniale o? les diff?rences de nationalit?, l'influence du soleil et la puissance des Compagnies concessionnaires contribuent si souvent ? augmenter, dans une mesure peu fr?quente en pays civilis?, l'?pret? de la lutte pour la vie.
LE PASSAGE DU M?TROPOLITAIN SOUS LA SEINE
Voir la gravure, page 161.
Les Parisiens qui, vendredi dernier, vers 5 heures du matin, suivaient les quais de la Seine entre le pont de Solf?rino et le pont au Change ont joui d'un spectacle peu banal. Tandis que de nombreux agents cyclistes couraient d'un pont ? l'autre au milieu d'automobiles dont les all?es et venues accentuaient cette animation insolite, la navigation ?tait compl?tement interrompue. Seul, un immense coffre en fer glissait sur l'eau entre deux remorqueurs charg?s l'un de le tra?ner, l'autre d'assurer sa direction. Comme le montre notre gravure, cette masse puissante mais peu ?l?gante jetait dans le d?cor pittoresque et endormi de la Seine une note ?trange. De la berge du pont de Solf?rino, o? il fut construit, on amenait, au point du fleuve o? il va ?tre immerg?, puis <
Cette ligne relie la porte de Clignancourt ? la porte d'Orl?ans, en touchant les gares du Nord et de l'Est et en desservant les Halles, la Cit?, le boulevard Saint-Germain, la rue de Rennes et la gare Montparnasse. Elle atteint la Seine en d?bouchant de la place du Ch?telet, un peu en amont du pont au Change, et traverse en biais les deux bras du fleuve dans la direction de la place Saint-Michel.
C'est la premi?re fois que l'on proc?dera de cette fa?on pour passer sous une rivi?re. Jusqu'ici on avait coutume d'avancer directement sous l'eau au moyen du bouclier. En raison des dimensions n?cessaires pour placer les deux voies dans un m?me tunnel, ce mode d'ex?cution n'a point paru offrir une s?curit? assez grande, et les ing?nieurs ont pr?f?r? inaugurer la solution du probl?me par l'emploi des caissons fonc?s verticalement avec emploi d'air comprim?.
Le caisson que repr?sente notre gravure mesure les dimensions suivantes: longueur, 36 m?tres; hauteur, 9 m?tres; largeur ext?rieure, 9 m. 60; largeur int?rieure, 7 m. 30. Il p?se 280 tonnes.
Deux autres caissons, de longueur un peu diff?rente, formeront, avec celui-ci, un tunnel courbe de 120 m?tres de longueur, ayant un rayon de 350 m?tres, dans lequel on franchira le grand bras du fleuve; le tunnel du petit bras, rectiligne, sera form? par deux caissons donnant une longueur de 60 m?tres.
Dans quelques jours, ce caisson, qui plonge actuellement sur environ 2 m. 30, sera lest? de mani?re ? toucher le fond de la Seine qui se trouve ? 5 m?tres du niveau normal. Il ?mergera donc, encore, d'environ 4 m?tres. On proc?dera, alors, au b?tonnage en m?nageant plusieurs chemin?es pour le travail ult?rieur de fon?age. Le cuirassement termin?, on enfoncera cette ?norme masse sous le lit de la Seine par le proc?d? classique de l'air comprim?. Comme on compte laisser un intervalle d'un m?tre entre la cl? de vo?te et le fond de l'eau, on devra donc creuser jusqu'? une dizaine de m?tres.
Ce travail, qui ne pr?sente dans sa derni?re p?riode aucune difficult? technique particuli?re, demande une pr?cision de calculs et une s?ret? d'ex?cution absolues. L'op?ration de la mise ? l'eau et du transport, en apparence si simple, ?tait d?j? fort d?licate. Pr?par?e et dirig?e par M. Bienvenue, ing?nieur en chef du service du M?tropolitain, et M. Locherer, ing?nieur en chef adjoint, elle s'est effectu?e sans le plus l?ger accroc. Une huitaine de jours ont ?t? consacr?s ? l'?tablissement de glissi?res que des scaphandriers ont assujetties au fond de l'eau. Le 25 ao?t, ? 4 h. 35 du matin, le caisson, mis ? l'eau la veille, commen?ait ? s'?loigner du pont de Solf?rino; il s'arr?tait ? 6 heures pr?s du pont au Change.
Nous pouvons avoir assez de confiance en nos ing?nieurs pour ne pas craindre de voir un jour la Seine tomber dans le M?tro.
DOCUMENTS et INFORMATIONS
LES ASSASSINS DU COMMANDANT DE CUVERVILLE.
Le myst?re qui enveloppait la mort du malheureux commandant de Cuverville, notre attach? naval ? l'ambassade de Saint-P?tersbourg, envoy? ? Port-Arthur pour y suivre les op?rations de guerre, s'est ?clairci ? la suite de l'arrestation de trois de ses assassins.
On se rappelle que le commandant de Cuverville avait quitt?, le 17 ao?t 1904, la place assi?g?e, en compagnie de l'attach? naval allemand, M. de Gilgenheim, et d'un officier lusse. Ils s'?taient embarqu?s ? la baie du Pigeon ? destination de Tch?-Fou, sur une jonque chinoise qui battait pavillon fran?ais. Jamais ils n'arriv?rent au port, et toutes les recherches faites pour les retrouver, aussi bien par la marine allemande que par la marine fran?aise, demeur?rent infructueuses. En janvier suivant seulement, les autorit?s chinoises signal?rent qu'elles avaient mis la main sur la jonque que montaient les disparus. Elles firent arr?ter le patron de cette embarcation et deux des hommes de l'?quipage; deux autres ont jusqu'ici ?chapp? ? toutes les poursuites. Emprisonn?s d'abord ? Tch?-Fou, puis ? Fu-San-Chien, le centre judiciaire auquel ressortit Tch?-Fou, le patron Yuc-Chich-Yen et les deux matelots Chang-Yen-Ga et Li-Chang-Fat, savamment b?tonn?s et tortur?s, ont fini par confesser leur crime: les trois officiers furent tu?s ? coups de hache pendant leur sommeil et leurs cadavres jet?s ? la mer. Apr?s quoi, on se partagea ce qu'ils avaient. Quelques-uns de leurs bijoux ont ?t? retrouv?s. Mais l'enqu?te se poursuit encore, les trois assassins n'avouant la v?rit? que par bribes. Et puis, des accusations graves ont ?t? port?es contre les Japonais. On s'efforce de faire sur ce point la lumi?re.
UN SOUVENIR DE L'ATTENTAT DE LA RUE DE ROHAN.
UN PONT DE 3 KILOM?TRES SUR LE PLEUVE JAUNE.
Le pont, d'apparence fort peu chinoise, que repr?sentent nos gravures a ?t? lanc? derni?rement sur le fleuve Jaune. Le chemin de fer de P?king ? Hankow se trouve ainsi termin?, et ses 250 derniers kilom?tres seront livr?s ? l'exploitation ? la fin de septembre, compl?tant une ligne de 1.250 kilom?tres, soit, ? peu pr?s, la distance de Paris ? G?nes.
Ce pont mesure une longueur totale de 3.010 m?tres. Il comprend 50 trav?es de 31 m?tres et 52 trav?es de 21 m?tres. Les fondations des piles sont faites en pieux ? vis enfonc?s, en moyenne, de 16 m?tres dans le sable. La fourniture m?tallique a ?t? partag?e entre l'industrie fran?aise et l'industrie belge. Les chantiers, ?clair?s ? l'?lectricit?, ?taient en activit? jour et nuit.
La <
Voici, certes, l'une des f?tes locales les plus curieuses qui existent en Angleterre: ? Dumnow, un usage, d'une tr?s ancienne origine, veut que, chaque ann?e, l'on d?cerne la <
Le jugement qui prononce sur les m?rites des candidats est rendu, dans une cour d'amour, par un juge en robe rouge, assist? de six jeunes gens et de six jeunes filles, apr?s plaidoiries contradictoires de l'avocat des candidats et de l'avocat du lard. Le mois dernier, la cour de Dumnow a d?cern? deux fl?ches, la premi?re au pasteur Jenkins et ? Mrs. Jenkins; la seconde aux ?poux Noakes, de Ludlow.
D?tail curieux: le r?v?rend Jenkins, l'un des heureux b?n?ficiaires de la <
LES MICROBES DES MONNAIES.
Les pi?ces de monnaie et les billets de banque devraient attirer l'attention des hygi?nistes, car nul objet plus que ceux-l? ne passe de main en main, et surtout de poche en poche, quand ce n'est pas m?me de bouche en bouche, apr?s un contact intim? avec le mouchoir ou la salive, ces deux r?ceptacles de microbes dangereux, parmi lesquels celui de la tuberculose se rencontre si fr?quemment.
Il est m?me stup?fiant de noter avec quelle indiff?rence des mains d?licates, qui se gantent couramment pour ?viter les contacts suspects, manient les pi?ces de monnaie et des billets de banque, souvent plus crasseux que des chiffons qu'on ne prendrait qu'avec des pincettes. Il semble que la valeur repr?sentative de ces objets les purifie ou les immunise contre les microbes, v?hicules de la contagion.
Deux bact?riologistes de New-York, MM. Darlington et Park, ont d'ailleurs v?rifi? le fait exp?rimentalement: sur un billet mod?r?ment propre, ils ont compt? 1.250 bact?ries, et sur des billets sales, ils en ont trouv? jusqu'? 73.000.
Les pi?ces de monnaie sont beaucoup moins <
Au contraire, les billets de banque les conservent virulents, pendant tr?s longtemps, ? leur surface.
L'argent n'a pas d'odeur, a-t-on dit au figur?. Mat?riellement, on le manie comme s'il ?tait toujours propre.
LA G?N?ALOGIE DE W. BOUGUEREAU.
Nous recevons d'un de nos abonn?s, M. de Richemond, archiviste d?partemental de la Charente-Inf?rieure, des renseignements concernant les ascendants de M. William Bouguereau, qui compl?tent d'int?ressante fa?on la biographie de l'artiste et que personne, que nous sachions, n'a publi?s encore.
La famille Bouguereau est connue ? la Rochelle depuis 1523, ?poque ? laquelle vivait Jehan Bouguereau, marchand et bourgeois. Un Jean-Mass? Bouguereau, marchand orf?vre, eut une fille, Marie, qui ?pousa, en 1624, Jehan de Layzement, aussi orf?vre, dont un fils, pasteur ? la Rochelle, suivit ses coll?gues dans l'exil en 1685, et un fils, Jean-Mass? Bouguereau, n? en 1603, orf?vre et officier de la Monnaie.
Les descendants ou les alli?s de la famille Bouguereau embrassent g?n?ralement cette m?me profession d'orf?vres ou appartiennent au clerg? protestant.
En 1676 na?t un Jehan Bouguereau, qui, plus tard, orf?vre et essayeur de la Monnaie, ?pousera Marie-Madelaine Seignette. Elle lui donna un fils, Jean-Elie, ma?tre monnayeur, qui, de son mariage avec Suzanne-Louise Le Page, eut dix enfants, dont huit filles. Des deux fils de ceux-ci l'un, l'a?n? de toute la famille, Samuel-Elie, abjura le protestantisme et fut professeur d'anglais au coll?ge de la Rochelle.
Il eut ? son tour huit enfants, dont l'a?n?, Elie-Sulpice-Th?odore, fut p?re du peintre. Un autre des fils de Samuel-Elie, Jean-Baptiste-Eug?ne, n? le 25 ao?t 1811 et d?c?d? le 28 mars 1893, entra dans les ordres et fut successivement vicaire, puis cur? ? Rochefort et se distingua pendant une ?pid?mie de chol?ra. Il fut nomm? chanoine honoraire en 1860. Ce fut lui, comme on sait, qui ?leva M. William Bouguereau. Mais la m?re de l'artiste, n?e Marie-Marguerite Bonnin, qui mourut ? Paris en 1896, ? l'?ge de quatre-vingt-dix ans, ?tait protestante.
DEUX KRACHS SUCRIERS
Ce m?me jour o? la perte de M. Jaluzot ?tait consomm?e on apprenait que la sp?culation venait de faire une nouvelle victime,--et il n'est malheureusement pas certain que ce soit la derni?re!
Dans la nuit de samedi ? dimanche, M. Ernest Cronier, pr?sident du conseil d'administration de la Raffinerie Say, se tuait dans son cabinet de toilette, d'une balle au coeur, apr?s avoir, tant il ?tait d?cid? ? mourir, absorb? du cyanure de potassium.
Comme M. Jaluzot, M. Cronier avait jou? sur les sucres,--jou? et perdu des sommes consid?rables qu'il est difficile de chiffrer exactement, mais qu'on a ?valu?es aux environs de 100 millions. Il ?tait le liquidateur de la succession de M. Henry Say, et la majeure partie de la fortune des h?ritiers Say serait, ? ce qu'on assure, engloutie dans la catastrophe.
Cependant M. Ernest Cronier jouissait de la confiance, de l'estime, de l'affection g?n?rales. Le 26 octobre 1901, les administrateurs de la Soci?t? des Raffineries Say, tout le personnel des usines, offraient ? leur pr?sident, arriv? < l'apog?e de sa carri?re>>, disait la d?dicace d'une photographie qui lui fut remise, une double plaquette en or et en argent due au m?dailleur M. O. Roty, et qui n'est d'ailleurs pas son chef-d'oeuvre. On entendait f?ter l'homme qui avait conduit la maison Say ? la victoire ? l'Exposition de 1900, le philanthrope qui avait second? M. Henry Say dans la fondation des oeuvres d'assistance en faveur des employ?s et ouvriers des usines. Et les devises model?es par M. Roty aux deux faces de son oeuvre c?l?braient la Pr?voyance, la Solidarit?, et aussi l'Initiative, la Justice et la Bont?. Enfin le ma?tre graveur avait repris, au bas de l'all?gorie o? la Reconnaissance apportait des fleurs ? M. Cronier, une phrase appliqu?e par M. Henry Say ? son collaborateur: <<...Son g?nie n'a d'autre rival que son coeur...>> H?las!... comme dit le grand tragique grec: <
NOTRE SUPPL?MENT MUSICAL
La partition de M. Ch. Levad? est pleine de couleur et de vie, tour ? tour attendrie, ?mouvante, et atteint ? une grande ?nergie dans les passages dramatiques. Devant un public o? la critique parisienne, si exigeante, si raffin?e, se m?lait ? une foule passionn?e de musique, elle a obtenu un tr?s franc succ?s.
UN ?L?PHANT QUI TUE SON GARDIEN
NOUVEAU BEC INTENSIF RENVERS?
Les inventeurs ont toujours rencontr? d'assez grandes difficult?s lorsqu'ils ont voulu produire l'incandescence des manchons Auer dans les becs ? flamme renvers?e. Ces difficult?s tiennent soit ? la position de l'injecteur surmontant le br?leur, soit ? la forme du conduit en col de cygne, quand l'injecteur occupe une position lat?rale par rapport au br?leur.
Add to tbrJar First Page Next Page Prev Page
